La Grande conjonction Jupiter-Saturne

 

 

 

 

Voici l’aube de l’Ère du Verseau

par Pepe Escobar

Réseau International - 23 décembre 2020

 

Une lecture astrologique de la Planète Terre à une époque de Grande Mutation.

« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles » – Oscar Wilde

 

Aujourd’hui, toutes les stations de radio de la Planète Terre devraient jouer cette chanson : « Let the sunshine in ». Ce que les bien nommés Fifth Dimension ont immortalisé dans leur classique psychédélique du printemps 1969 est maintenant littéralement vrai : C’est l’aube de l’Ère du Verseau – la Grande Conjonction de Jupiter et de Saturne le 21 décembre à 𝟬° du Verseau.

Le Verseau commence juste au moment où certaines élites obscures et prétentieuses s’apprêtent à imposer une Grande Réinitialisation à la plus grande partie de la planète – en suivant un agenda politique très spécifique, réductionniste et exclusionniste. Pourtant, le vrai problème n’est pas la Réinitialisation, c’est la Mutation.

Nous sommes donc tous dans quelque chose de bien plus grand que n’importe quel scénario néo-orwellien. Pour faire la lumière sur ce qui semble être notre obscurité actuelle et interminable, j’ai posé quelques qVanessa Guazzelli, une astrologue respectée, écrivain et conférencière dans des congrès d’astrologie du monde entier, ainsi que psychanalyste et psychologue en exercice.uestions à

Laissez l’astrologie fertiliser la géopolitique. Laissez le soleil entrer.

Tout ce qui est solide se transforme en air

Pepe Escobar : Apparemment, peu de gens dans le monde savent qu’une conjonction Jupiter-Saturne ce 21 décembre semble représenter le changement de jeu ultime – défini par de sérieux spécialistes de l’astrologie comme la Grande Mutation.

Pourriez-vous nous expliquer ce que cette mutation signifie réellement, d’un point de vue astrologique, puisqu’elle semble se produire tous les 200 ans ? Et en la ramenant à la vie quotidienne et à la politique, peut-on déduire des parallèles géopolitiques à partir de ce que nous disent les étoiles ?

Vanessa Guazzelli : Par Grande Mutation, nous entendons le moment où les conjonctions Jupiter-Saturne changent d’éléments, ce qui se produit tous les 200 ans, comme vous l’avez mentionné. Jupiter et Saturne sont en conjonction, astrologiquement, par longitude écliptique, tous les 20 ans, une période plutôt courte. Cependant, elles continuent de s’intersecter dans les signes d’un même élément pendant 200 ans, avec la possibilité d’une autre transition de 40 ans, indiquant un cycle plus long.

Jupiter et Saturne sont ce que nous appelons des planètes sociales et doivent être considérées au niveau politique et géopolitique. Lorsque la conjonction Jupiter-Saturne commence à se produire dans l’élément suivant, cela marque la Grande Mutation, qui dénote d’importants changements socio-économiques et culturels. C’est ce qui se produit actuellement.

Nous sortons d’une période de deux siècles de conjonctions dans les signes de la Terre. L’accent a été mis sur la matière et la dimension plus tangible de la vie – des garçons et des filles matériels dans un monde matériel. Et nous passons maintenant à l’élément air, alors que Jupiter et Saturne se rejoignent à 0º du Verseau, un appel à la sublimation se fait entendre.

Tout ce qui est solide se transforme en air. Les choses et les procédures peuvent être moins matérielles et plus numériques et, dans une certaine mesure, virtuelles. Mais ce n’est pas tout. Les idées et les idéaux partagés gagnent encore en importance. Plus que ce que nous avons matériellement, avec qui et pour quoi, est ce qui compte le plus. La collaboration et la coopération sont, aujourd’hui plus que jamais, les vents qui font tourner le monde.

C’est en fait un aspect et une configuration astrologiques très importants qui se produisent le 21 décembre, à 18h20 UTC. Dans certaines régions d’Asie et d’Océanie, il sera déjà passé minuit, le 22 décembre.

Il ne s’agit pas seulement de la Grande Mutation, mais d’une Grande Conjonction, lorsque les deux planètes les plus lointaines visibles se rejoignent non seulement par la longitude mais aussi par la latitude (coordonnées écliptiques), à la fois par l’ascension droite et la déclinaison (coordonnées équatoriales). Cela signifie qu’elles ne sont pas seulement alignées dans la même direction, mais qu’elles sont vraiment, vraiment proches l’une de l’autre dans le ciel, vues de la Terre, presque comme si elles étaient une seule et même étoile.

La dernière fois que les deux corps célestes ont été aussi proches, c’était en 1623, mais ce n’était pas une Grande Mutation, juste une conjonction régulière en termes de longitude écliptique. Astrologiquement, le fait que toutes ces évolutions surviennent ensemble à cette époque intensifie la signification de ce que cette conjonction indique aujourd’hui, elle marque la puissance de la mutation.

Dans la vie de tous les jours, elle figure également une augmentation du développement technologique, de la numérisation des choses et des procédures, notamment les crypto-monnaies et la monnaie numérique comme une sorte de monnaie « sublimée », de la matière à une « substance » plus légère, moins matérielle, qui peut rapidement circuler dans l’air.

Sur un plan plus personnel, nous avons tendance à nous désintéresser des contextes sociaux qui ne sont pas en accord avec nos idées et nos idéaux, et nous sommes attirés par des groupes, des associations et des projets qui sont en adéquation avec nous. Ce n’est pas le moment de s’en remettre simplement aux institutions pour s’occuper des gens, mais le moment de discerner par soi-même et de se mettre ensuite en rapport avec d’autres personnes ayant des intérêts, des idéaux et des objectifs communs.

L’élément air, c’est là où nous ouvrons l’espace et faisons place à l’Autre, que ce soit dans le respect des différences ou pour collaborer et coopérer vers des intérêts et projets communs. Les coopératives, où chaque participant reçoit une part équitable et proportionnelle, dans une entreprise commune, sont certainement une bonne solution.

Le Verseau est à l’opposé du signe centralisateur du Lion. Géopolitiquement, cela signifie que ce n’est pas le moment pour une seule étoile hégémonique de régner sur le monde, mais un temps où de nombreuses étoiles illuminent le ciel tout entier. Ce n’est pas le moment pour un seul empire. Il peut y avoir des empires, au pluriel. La force des nations puissantes réside aujourd’hui, plus que jamais, dans la qualité de leurs partenariats et de leurs alliances dans le respect mutuel, sur un pied d’égalité.

Toute puissance qui perdra de vue cette clé cruciale devra, à court ou à long terme, en payer les conséquences. Certaines sont plus puissantes que d’autres et certaines seront plus importantes que d’autres. Néanmoins, elles ne sont pas seuls. Il est temps de créer un monde multipolaire – c’est le Mandat du Ciel.

En ce qui concerne la carte astro-cartographique de la Grande Mutation, qui montre les lignes des positions planétaires sur la face de la Terre, il est intéressant de noter que les lignes IC de Jupiter et de Saturne passent par Pékin, ce qui indique la pertinence de la Chine dans la fondation de ce cycle de 200 ans, car l’IC est la base d’une charte astrologique.

De l’autre côté du globe, nous voyons les lignes MC des deux planètes passer par l’Amérique du Sud (Venezuela, Amazonie brésilienne, Bolivie, Argentine), ce qui montre la valeur des ressources du continent dans ce nouveau cycle.

Ce que prépare l’équipe de Davos

Pepe Escobar : Notre situation actuelle, turbulente, semble pointer vers une biosécurité accrue et vers ce que certaines analyses systémiques sérieuses définissent comme du techno-féodalisme. Tout cela implique une hyper-concentration du pouvoir – et pas seulement du pouvoir exercé par l’hégémon géopolitique, les États-Unis. Devons-nous maintenant nous attendre à une mutation sérieuse du système mondial – comme l’a étudié Immanuel Wallerstein, dans le sens de changements sérieux de notre système capitaliste ?

Vanessa Guazzelli : Oui, nous devrions. Nous sommes à un tournant du système mondial. Outre la Grande Mutation, un autre aspect immensément significatif est à venir dans les années 2020, la conjonction Saturne-Neptune, en février 2026, à 0º du Bélier. C’est précisément le premier degré de l’ensemble du Zodiaque, également appelé le Point Vernal – crucial dans l’interprétation astrologique.

Saturne et Neptune se rejoignent tous les 36 ans, ce qui représente un cycle historique relativement court. Cependant, comme pour la Grande Mutation, la façon dont cela se produit et l’endroit où cela se produit dans le Zodiaque peuvent nous conduire à des perspectives historiques plus larges et indiquer des moments historiques plus représentatifs.

Si nous remontons jusqu’à il y a 7 000 ans, cette conjonction ne s’est produite au Point Vernal qu’en 4361 et 1742 avant J.-C. Si nous regardons trois mille ans en avant, le point le plus proche du Point Vernal est le 3º du Bélier en 3172. C’est assez rare. Cette conjonction au premier degré du zodiaque, 0º du Bélier – le tout début – n’est donc pas une si petite affaire.

Neptune imprègne et conçoit ; Saturne fait référence à la structure concrète de la réalité ; et 0º du Bélier signifie nouveau, naissant. Saturne-Neptune sur le 0º du Bélier signifie une nouvelle conception de la réalité.

Certains aspects entre Saturne et Neptune, par observation historique, sont associés au socialisme et au communisme – ces mouvements sur Terre coïncident avec les contacts transitant entre ces deux planètes dans le ciel. Cela a déjà été prouvé historiquement dans l’astrologie mondaine. De plus, cela ne nous renseigne pas seulement sur le passé, car il est en fait sur le point de commencer – s’améliorant et progressant, se reconfigurant dans des formes encore nouvelles de socialisme.

Selon Wallerstein, pendant la crise structurelle qui caractérise la période finale d’un système mondial, une bifurcation du système peut faire basculer dans l’une ou l’autre direction, ou dans plusieurs systèmes. Avant son décès l’année dernière, il considérait que nous étions en plein milieu de la crise structurelle du capitalisme, qui dure de 60 à 80 ans.

Je dirais qu’en ce moment, nous avons dépassé le point médian. Cela pourrait, dans un premier temps, aller vers des systèmes multiples dans deux directions : d’une part, la fraîcheur des vents de l’Est inspirant le socialisme et la multipolarité à travers l’Initiative Ceinture et Route et l’intégration de l’Eurasie et de ses partenaires ; d’autre part, le tourbillon de l’empire qui s’effondre et de ses alliés occidentaux en tant que cyborg terminator commandé par les 0,0001% pervers qui sont tellement sans vie qu’ils ne peuvent concevoir le droit d’exister des autres.

Lorsque j’en ai entendu parler pour la première fois en juin 2020, j’ai été étonnée de voir comment ils ont fixé la « Grande Réinitialisation » à janvier 2021, si près de la Grande Mutation de fin décembre 2020. Je doute qu’il s’agisse d’une simple coïncidence ou d’une « synchronicité ». J P Morgan est connu pour avoir affirmé que les millionnaires n’ont pas besoin d’astrologues, mais les milliardaires oui.

Probablement conscients de cette grande transition, les membres de l’équipe de Davos semblent en fait essayer de réinitialiser le système qu’ils dirigent déjà avec leurs propres paramètres et de faire revivre le système mourant comme un cyborg de l’enfer.

« Les bulles de Wall Street – toujours pareil », dessin de Keppler de 1901, dépeint J.P. Morgan comme un taureau faisant des bulles de savon pour des investisseurs avides. source : Wikimedia Commons

Le potentiel néfaste de la particularité du Verseau est le contrôle de la société par la technologie, qu’il s’agisse de techno-féodalisme ou, dieu nous en préserve, de techno-esclavage. Du côté lumineux de la Force, le Verseau concerne un projet social visant à maintenir la vie et à répondre aux besoins des gens. Ces deux dimensions ou systèmes pourraient coexister sur Terre pendant un certain temps.

Les puissances occidentales – pour ne pas mentionner les Maîtres de l’Univers, comme vous dites, qui tirent leurs ficelles – semblent avoir un long chemin à parcourir avant d’atteindre un état de coopération réelle et respectueuse. Peut-être que les civilisations plus anciennes que l’on trouve en Orient ont une racine plus profonde et plus cohérente dans laquelle puiser la sagesse et la maturité nécessaires en ces temps difficiles pour l’humanité.

On se souvient souvent de la nourriture et des biens échangés le long de la route, les Routes de la Soie impliquaient autrefois et impliquent aujourd’hui l’échange d’idées. Il est intéressant d’observer la forte bordure du Verseau activée dans les progressions astrologiques de la Chine lorsque l’Initiative Ceinture et Route a été proposée pour la première fois par Xi Jinping à Astana, en 2013, et comment elle s’est connectée au degré de la Grande Mutation (AC progressif de la conjonction de Vénus et Jupiter à 1º du Verseau).

Lorsque quelques années auparavant, Vladimir Poutine avait fait son discours historique à Munich, proposant l’intégration eurasiatique, en février 2007, il y avait un aspect Saturne-Neptune – une opposition. Lorsque, lors de la 70ème Assemblée des Nations Unies, Poutine et Xi ont tous deux prononcé des discours longs, forts et synchronisés affirmant la multipolarité du monde, en 2015, il y avait également un aspect Saturne-Neptune – un carré.

Le prochain aspect Saturne-Neptune sera la conjonction, en février 2026, inaugurant un tout nouveau cycle et nous pouvons nous attendre à ce qu’il soit lié à ces mouvements précédents, en gardant à l’esprit que le cycle pointe vers la multipolarité et les nouvelles formes de socialisme.

Le sort de la Lune Noire

Pepe Escobar : Le Covid-19, à un certain niveau, pourrait-il être interprété comme le – pénible – préambule vers une Grande Mutation ? Après tout, la nouvelle (ir)réalité sociale représente un système à l’envers : dévastation économique quasi-totale, en particulier des petites entreprises ; annulation des droits constitutionnels ; gouvernements gouvernant pratiquement par décret, sans consultation populaire ; sociétés mondiales censurant toute forme de dissidence éclairée ; sociétés entières pratiquement assignées à résidence ; la plus grande partie de la planète réduite à une sorte de parc à thème totalitaire.

Vanessa Guazzelli : Oh, le Covid-19 – nous pourrions avoir toute une conversation juste sur les implications de ce phénomène à tant de dimensions, et comment il peut être, dans une certaine mesure, suivi astrologiquement. On peut certainement l’interpréter comme le pénible préambule, visant peut-être à la Grande Réinitialisation, pourrait-on penser.

Une expérience collective mondiale sans précédent – et une expérimentation. Néanmoins, elle sert à tout bouleverser, à transformer notre perception même du temps, à préparer la conception d’un temps nouveau. À tous ceux qui y prêtent attention, un appel à être encore plus vivants, plus vifs, contre vents et marées.

La dichotomie qui a été tant soulignée entre « se soucier de la vie ou se soucier de l’économie » montre en soi à quel point le monde était déjà absurde. Combien de gens se sont si facilement fait prendre à séparer une chose de l’autre, comme si c’était un moyen de résister au système et de dire finalement non aux exigences de l’accumulation du capital. Pour finalement voir, en effet, les petites entreprises dévastées, la pauvreté augmenter de façon drastique, tandis que les milliardaires concentrent la richesse à des niveaux encore plus déconcertants.

Il est fondamental d’examiner la manière dont cela a affecté le corps humain. La pandémie a été déclarée avec la Lune Noire (l’apogée lunaire) en Bélier et cela indique l’importance d’être très présent et réactif.

En octobre, la Lune Noire, ce point astrologique représentant la dimension viscérale et instinctive de l’existence, est passée dans le Taureau, mettant en lumière l’importance d’être conscient de la façon dont la force vitale en nous est conditionnée ou canalisée, façonnant la façon dont nous percevons notre propre existence. Par exemple, comment le confinement du corps peut – ou ne peut pas – confiner notre psyché.

Quels sont les effets psychologiques de l’absence de contact ou de l’expérience physique d’avoir constamment la bouche couverte ? La manière dont ces situations affectent notre psyché n’est pas sans importance. René Descartes et Wilhelm Reich ont tous deux vécu la Lune Noire dans le Taureau. Quel est le lien entre le corps et l’esprit ? S’agit-il d’une dichotomie cartésienne ou d’une unité bio-énergétique animée par la libido ?

Il s’agit d’une question sous-jacente importante dans notre collectif jusqu’en juillet 2021.

Le sort de l’empire américain

Pepe Escobar : L’astrologie dans l’histoire est pleine d’histoires fascinantes sur les interprétations célestes ouvrant la voie à un mouvement politique ou militaire crucial. Par exemple, juste avant la conquête de Bagdad par les Mongols en 1258, le Grand Khan, Hulegu, a interrogé l’astrologue de la cour sur les perspectives d’avenir. L’astrologue, Husam al-Din, a déclaré que s’il suivait ses généraux et envahissait Bagdad, les conséquences seraient funestes.

Mais Hulegu s’est alors tourné vers un astronome chiite, Tusi, un polymathématicien. Tusi a déclaré que l’invasion serait un succès majeur. C’est ce qui s’est passé – et Tusi a été admis dans le cercle restreint de Hulegu. Les Mongols – qui ont construit le plus grand empire de l’histoire – étaient donc de grands adeptes de « l’assurance céleste ». « L’assurance céleste » pourrait-elle, à notre époque, finir par prédire le sort d’un autre empire – les États-Unis ?

Vanessa Guazzelli : C’est vrai, il y a tellement d’histoires fascinantes. La fin de l’Empire Byzantin et la conquête de Constantinople par le Sultan Mehmet II de l’Empire Ottoman a également été marquée par une prédiction astrologique de la victoire ottomane liée à une éclipse.

Le retour de Pluton aux États-Unis aura lieu en 2022. C’est énorme. C’est un cycle d’environ 247 ans. Pluton a le sens du destin. Le retour du seigneur du monde souterrain parle aussi du retour de ce qui était réprimé, caché ou rejeté. Il aura trois occurrences exactes tout au long de 2022, et la dernière et définitive du prochain cycle de Pluton verra la planète de la mort et de la régénération confrontée à la Lune Noire Lilith dans le Cancer, en opposition. Le karma est une garce et frappe à la maison.

C’est aussi un cycle lié au pouvoir et à l’état de pouvoir. Tout ne sera pas mauvais et il y aura des moments victorieux, mais il y a un changement de position dans l’équilibre des pouvoirs dans le monde qui n’est pas si facile à digérer. La lutte pour le pouvoir sera intense, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, avec des risques considérables de manifestations destructrices. La meilleure façon de traverser un tel moment serait de faire une purge – bien qu’il soit difficile de croire que « le marais » puisse être si facilement drainé.

C’est un appel à une transformation profonde, quand il faut s’occuper de tout ce qui se trouve sous le tapis et des cadavres qui sortent du sous-sol. Pour le peuple de la nation, c’est un appel à la maturité (Saturne rejoint la Lune), à la compassion et à une disposition plus réceptive sur le plan humain (opposition à Neptune), en laissant les illusions se dissoudre et en réalisant que l’empire perd son hégémonie et son statut, mais la nation survivra. Quelle nation cela serait pour son peuple – par opposition à l’opposition aux autres peuples ?

Cela ne signifie pas que l’Empire américain tombera d’ici 2022, mais il s’effondre et connaîtra des transformations spectaculaires au cours de la prochaine décennie.

Une renaissance dystopique

Pepe Escobar : Au milieu de cette morosité, on dirait que vous introduisez un concept très prometteur : « Renaissance Dystopienne ». C’est exactement le contraire de ce qui est largement interprété comme notre inévitable avenir néo-orwellien. Comment caractériseriez-vous cette Renaissance Dystopienne – en termes de lutte individuelle, collective, politique et culturelle ?

Vanessa Guazzelli : Le concept émerge précisément pour élucider l’extrême complexité de notre époque. La partie renaissance semble très prometteuse, n’est-ce pas ? Mais il y a aussi la partie dystopique. Ce n’est pas une renaissance utopique, comme nous le savons bien. Peut-être que dans 200 ans, lorsque nous atteindrons la Grande Mutation dans l’eau, le même élément que la magnifique Renaissance italienne, l’humanité sera capable de ressentir et de mieux comprendre les dimensions plus profondes de la vie. Pourquoi ne pas viser l’utopie ensuite ? Mais tout ce qui est possible d’ici là se passe maintenant.

C’est maintenant que, parallèlement à cette Grande Mutation spéciale, quelques aspects astrologiques significatifs indiquent un réel changement du système mondial. Il faut ce moment crucial dans le temps et cette période de l’élément air pour élever les perspectives, partager les idées et les idéaux et comprendre combien il peut être enrichissant de construire « une communauté avec un avenir partagé pour l’humanité », comme le dit Xi Jinping.

Un tournant hautement valorisé, ouvrant de nouveaux horizons, offrant la possibilité d’enrichir les échanges dans un monde multipolaire, et avec un appel au socialisme comme nous n’en avons jamais connu.

Atlas catalan, détail montrant la famille de Marco Polo 1254-1324 voyageant en caravane de chameaux, 1375, dessin de l’École espagnole. source : Wikimedia

N’oublions pas que ce moment dans le temps résonne aussi avec le 13ème siècle, lorsque le vénitien Marco Polo, voyageant à travers les Routes de la Soie vers l’Asie, ramena en Europe la fraîcheur des vents d’Est, avec des nouveautés venant de la dynastie Yuan de Kublai Khan, dont la « sublimation » de la monnaie sous une forme plus légère, de la pièce de monnaie au papier.

À cette époque, il y avait un stellium (une concentration de planètes) en Capricorne comme nous l’avions en 2020, avec la conjonction Jupiter-Saturne qui a suivi en Verseau (bien que ce ne soit pas une Grande Mutation), et l’entrée de Pluton en Verseau comme nous l’aurons également en 2023/2024. C’est un contexte absurdement dystopique, mais un tournant pour une nouvelle conception de la réalité et la possibilité de découvrir de nouveaux horizons surprenants.

Un nouveau système mondial est dans l’air

Pepe Escobar : Giorgio Agamben a fait référence à cette fameuse intuition de Foucault dans Les Mots et les Choses, lorsque Foucault écrit que l’humanité peut disparaître comme une figure dessinée dans le sable et effacée par les vagues qui frappent le rivage. Cette image frappante peut s’appliquer à notre condition actuelle, en pleine mutation, alors que nous sommes sur le point d’entrer dans une ère transhumaine et même post-humaine, dominée par l’intelligence artificielle (IA) et le génie génétique.

Agamben soutient que le Covid-19, le réchauffement climatique et, plus radicalement, l’accès numérique direct à notre vie psychique – tous ces éléments détruisent l’humanité. La Grande Mutation installerait-elle un paradigme différent – et nous éloignerait-elle de la post-humanité ?

Vanessa Guazzelli : Le développement rapide de la technologie sera quelque chose de très complexe à gérer. Il sera étonnant à bien des égards, mais pas toujours plaisant, et présentera des défis indéniables, dont certains sont déjà là et vont s’intensifier.

Quels sont les effets de la technologie et de l’intelligence artificielle dans nos corps organiques et subjectifs ? Le contrôle de l’esprit à l’aide de dispositifs bidirectionnels, tant pour collecter des informations que pour induire des commandes, est un travail en cours.

Les niveaux pervers de contrôle technologique de la société sont très préoccupants car Pluton, alias Hadès, seigneur des enfers, passera lui aussi dans le Verseau technologique et futuriste à partir de 2023/24, jusqu’en 2043/44 – une période d’intenses transformations sociales, où les progrès technologiques nous feront perdre la tête et où la conception même de la science changera considérablement, mais avec de sérieux risques de folie trans-humaine et post-humaine.

Nous ne pouvons pas ignorer notre organicité. Nous ne pouvons pas non plus ignorer notre subjectivité. Pluton concerne la transformation ou la domination – en d’autres termes, pour citer un de vos récents articles : « Voici notre avenir : hackers ou esclaves ».

Nous devons nous lancer dans le piratage non seulement au sens objectif – cela devient certainement de plus en plus une compétence souhaitable – mais aussi au sens subjectif, en trouvant des lignes de fuite et en maintenant Eros en vie, la force vitale qui est en nous.

Étant donné que nous sommes déjà là, à vivre des temps dystopiques, autant tirer le meilleur parti de cette aventure incontestablement épique. Au lieu de succomber à la peur et à l’isolement, dépassés par le pessimisme, n’oublions pas l’observation de Wallerstein sur le destin par rapport au libre arbitre – une prise de position plutôt intéressante, que mon expérience d’astrologue observant les cycles collectifs et individuels vient d’ailleurs largement confirmer : Les deux existent.

Pendant la période de stabilité d’un système mondial, sa vie normale quand sa structure fonctionne bien, même s’il y a quelques fluctuations, il est très difficile de changer les choses dans le système, il tend à la stabilisation. C’est le destin : il faut faire beaucoup d’efforts pour obtenir peut-être très peu de changement en essayant d’échapper au destin.

Mais quand le système mondial a atteint sa phase finale, il ne peut plus être sauvé et il y a beaucoup d’instabilité. La crise ne disparaîtra pas et la seule possibilité est le changement, d’une manière ou d’une autre – c’est le temps du libre arbitre. Dans la crise structurelle, Wallerstein affirme que nous avons plus de libre arbitre, que nos actions ont un impact plus fort et que chaque petit geste compte pour décider dans quelle direction le changement du système va aller.

Dans notre vie personnelle, à ce tournant du temps, comme les questions de Foucault, nous pouvons aussi nous demander : En tant qu’êtres humains, sommes-nous un obstacle ou une obstruction ? Sommes-nous un moyen d’emprisonner la vie – ou sommes-nous une ouverture, une ligne de fuite ?

En ce qui concerne les mots de Foucault que vous et Agamben mettez en lumière, permettez-moi de me référer au paragraphe précédent, l’avant-dernier paragraphe dans Les Mots et les Choses, lorsqu’il déclare qu’en « prélevant un échantillon chronologique relativement court dans une zone géographique restreinte – la culture européenne depuis le XVIe siècle – on peut être certain que l’homme est une invention récente en son sein ».

« L’homme » auquel il fait référence comme l’effet d’un changement dans les arrangements fondamentaux de la connaissance il y a quelques siècles, les nouveaux arrangements étant peut-être sur le point de prendre fin, se retrouve dans les références européennes. Ce n’est ni le début ni la fin de l’homme, ni sa seule expression intéressante. Avec une appréciation énorme et profonde d’une si grande partie de la culture européenne, l’une des choses qui arrive peut-être à une fin nécessaire est l’eurocentrisme.

Néanmoins, bien sûr, il est profondément inquiétant de voir comment des visages sont à la fois tracés numériquement par des machines et cachés aux autres humains par des masques – surtout les effets de cela chez les enfants. La transition actuelle n’est pas sans effets épistémologiques et effets sur la façon dont nous concevons l’homme, les humains. Mais tout n’est pas dit et fait.

Pour contrer l’objectivation de l’homme, il est peut-être opportun de s’inspirer de la conception que Tupis se faisait de l’être humain : tu + pi, son assis. Un être humain est un son qui s’est assis, qui a pris place et qui vibre. Il faut que nos corps, nos visages et nos mots restent vibrants. Pour les Tupis, originaires d’Amérique du Sud, chaque être humain est une nouvelle musique, un nouveau mot qui vibre et co-créé la vie avec les autres et la nature.

Peinture d’Albert Eckhout représentant un homme Tupi. source : Wikipedia

Il semble que les racines profondes de la sagesse autochtone doivent encore être plus pleinement reconnues et réintégrées dans les Amériques avant que la réinvention du monde en Occident puisse avoir lieu.

Aujourd’hui, des vents soufflent de l’Est et de l’Eurasie, inspirant de nouvelles formes de coexistence. Mais les contrôleurs du capital, de la richesse et du pouvoir mondial ne l’abandonneront pas sans se battre – ou sans quelques guerres et une lourde charge de contrôle social par la technologie, capturant les corps et les esprits. Qu’est-ce que ce sera – une Grande Réinitialisation ou une Grande Mutation ?

Y a-t-il une issue ? Oui. Et cela semble se faire avec les Nouvelles Routes de la Soie et l’Intégration Eurasiatique – littéralement dans une certaine mesure, mais symboliquement aussi. L’Occident a beaucoup à gagner à s’ouvrir aux vents de l’Est, aux nouveautés et aux idées qu’ils apportent, aux histoires d’une communauté de futur partagé pour l’humanité. Un nouveau système mondial est dans l’air.

source : https://asiatimes.com

traduit par Réseau International


PEPE ESCOBAR

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

 

 


 

LA GRANDE CONJONCTION,

UN EXCEPTIONNEL RENDEZ-VOUS PLANÉTAIRE

 

https://blogs.futura-sciences.com/feldmann/

 

La Grande conjonction, c’est une incroyable rencontre planétaire qui n’a lieu que tous les 20 ans. Le 21 décembre Jupiter et Saturne seront côte à côte !

2020, année astronomique :

S’il fallait résumer 2020, beaucoup d’entre nous évoqueraient l’épidémie de COVID-19. Mais pour les amoureux des étoiles l’année qui se termine restera un excellent cru. Ils penseront bien sûr au passage mémorable de la comète Neowise. L’astre chevelu nous a offert un très beau spectacle comme on n’en avait pas vu depuis Hale-Boppen 1997. Les astronomes n’oublieront pas non plus la mission Osiris-Rex qui a réussi à prélever des échantillons sur l’astéroïde Bennu.

Il y a enfin la Grande conjonction le 21 décembre. Ce sera un superbe rapprochement entre Jupiter et Saturne. L’écart entre les deux planètes géantes ne cesse de se réduire depuis des mois.

Un rendez-vous exceptionnel :

Considérée comme l’annonce d’une prochaine catastrophe au Moyen Âge, la Grande conjonction a été remarquée par les Hommes depuis l’Antiquité. De nombreux textes font mention de ce rapprochement entre Jupiter et Saturne qui se produit tous les 19,86 ans. En raison de leur mouvement autour du Soleil, les deux planètes gazeuses géantes se rattrapent tous les 20 ans environ. C’est en tout cas l’impression que nous avons depuis notre observatoire terrestre.

Ce 21 décembre 2020, seulement 6 minutes d’arc sépareront les deux astres (équivalent au 1/5e du diamètre apparent de la Lune). Un écart minuscule qu’on n’avait pas connu depuis 1623 (c’était à l’époque de Galilée) et qu’on ne reverra pas avant 2080 !

Observez l’événement :

Tout le mois de décembre, vous pourrez suivre le rapprochement des deux astres. Il vous suffit de porter le regard une fois la nuit tombée en direction du sud-ouest comme on peut le voir sur la carte du ciel de Stelvision :

Le 6 décembre, l’écart entre les deux planètes est de 1,5 degré (trois fois le diamètre de la Pleine Lune). Dix jours plus tard l’écart aura été divisé par trois et la jeune Lune sera de la partie (ci-dessous). Bien entendu il s’agit d’un écart apparent. Jupiter est en effet situé à 5,86 Unités astronomiques, deux fois plus près que Saturne.

Jupiter et Saturne le 16 décembre avec le croissant de Lune. © Jean-Baptiste Feldmann

À partir de ce moment-là, les deux astres seront visibles ensemble dans une simple longue-vueLe 21 décembre, le spectacle sera magnifique dans un télescope. Une ribambelle de satellites sera observable autour des deux planètes géantes. Les quatre satellites galiléens d’un côté, Titan et ses principaux voisins de l’autre.

 


 

 

L'incroyable conjonction de Jupiter-Saturne

 

CLE, mail n°52443 envoyé le mardi 1er déc 2020 par Marin de Charrette

 

L'année 1226 où est mort le Petit Frère des Oiseaux, l'Homme-Oracle des Carrefours, Giovanni di Pietro Bernardone, dit François d'Assise, fut la dernière année où eut lieu un phénomène rarissime, concernant Jupiter- Saturne. Or, ce phénomène va se reproduire dans 3 petites semaines, à l'entrée du solstice du Capricorne. Il s'agit de la coïncidence quasi parfaite des planètes Jupiter et Saturne. "Just after sunset on the evening of Dec. 21, Jupiter and Saturn will appear closer together in Earth's night sky than they have been since the Middle Ages, offering people the world over a celestial treat to ring in the winter solstice."
(phys.org).

Le plus extraordinaire étant que cette hyper-conjonction va se réaliser pratiquement au même endroit, en 2020, que 8 siècles auparavant : la conjonction du 4 mars 1226 étant indiquée en 2° Verseau (calcul astrotheme.fr) ; celle que nous allons vivre (sauf ceux d'entre nous qui, d'ici là, seront morts de la grande Covid 19 ou, plus simplement, de la grande peur du Coronavirage), se concrétisant deux petits degrés plus tôt, toujours en Verseau...

Ce qu'on sait peu, c'est que cette humble frère que fut François d'Assise, avant de se retirer discrètement de la scène visible, quelques mois après cette fameuse et pharamineuse hyper-conjonction de nos planètes, avait suivi un fil d'or, rythmique et inspiré, le rattachant aux premiers Troubadours. Le Cantique des Créatures, où il loue le Seigneur pour toutes les Créatures (y compris les virus, c'est implicite !), est l'un des textes d'essence poétique célébrant, avant l'heure, la conscience écologique la plus intégrative et joyeuse qu'il soit donné d'entendre. Il y célèbre aussi la mort corporelle qui est l'un des "objets" de ses
louanges spiralées.

Tout ceci, réinjecté dans le grand jeu cosmique où ce qui disparaît est mystérieusement relié à ce qui apparaît, comme le couchant au levant, et le Descendant à l'Ascendant, laisse augurer d'une renaissance discrète et décisive des Trouvadours et des Animaux, entre autre. En un mot, des êtres animés, mus par ce moteur des mots qu'on appelle Verbe créateur, l'ensemble au coeur même du grand Circus, autrement nommé le Zodiaque...

C'est une autre république, plus subtile et moins médiatique, universelle et sans frontière, qui s'est mise en marche. Les pieds des poèmes battent le sol ; ils appellent les alexandrins à respirer amplement, et les vortex qui se dessinent dans les mouvements de cette danse s'élèvent de l'inspiration et de l'expiration qui barattent l'anecdote en recréant de la présence intemporelle. Saturne confère la structure et rappelle le centre, Jupiter offre l'incarnation et la dynamique impérieuse de l'existence.

Or, le Verseau, qui va bientôt recueillir le double parfum de Saturne, puis de Jupiter, est le signe sporadique par excellence : celui qui disperse les cendres des morts comme les polens du vivant...

L'entropie humaine, l'entropie terrestre compte les morts jusqu'au vertige, pendant que les forces de renaissance jouent en se donnant sans compter.

Je salue ce levain qui se prépare déjà...

Marin de Charette

(Références, pour Jupiter-Sature :
https://www.cnews.fr/monde/2020-11-23/espace-quel-phenomene-pourra-t-voir-loeil-nu-en decembre-pour-la-premiere-fois#:~:text=astronomie ,

https://phys.org/news/2020-11-december-Jupiter-saturn-planet-middle.html )

 { adresse de l'auteur : trouvadour@marindecharette.com }

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Grande conjonction : les plus belles images du rapprochement Jupiter-Saturne 

 

, Mis à jour le 22/12/20 - L'Internaute

GRANDE CONJONCTION - Jupiter et Saturne se sont donnés rendez-vous dans le ciel lundi 21 décembre 2020. Les deux plus grosses planètes du système solaire se sont alignées pour former une double planète, surnommée "étoile de Noël". 

[Mis à jour le 22 décembre 2020 à 13h17] C'est un phénomène astronomique rare qui s'est produit dans le ciel ce lundi 21 décembre 2020. Alors qu'il s'agissait de la date du solstice d'hiver, les planètes Jupiter et Saturne ont connu un rapprochement maximal, visible depuis la Terre, même à l'œil nu, quand les nuages et la pollution lumineuse ne se trouvaient pas dans les parages. Bien que des rapprochements entre Jupiter et Saturne aient lieu tous les 20 ans, la "grande conjonction" de ce lundi 21 décembre était plus rare qu'à l'accoutumée, avec une proximité maximale qui ne s'était pas produite depuis le 16 juillet 1623 !

Surnommée "étoile de Noël", la grande conjonction était reconnaissable à sa brillance maximale dans le ciel, comparée aux autres étoiles. Dans l'hémisphère nord, le phénomène était visible à un niveau bas à l'horizon, à partir de 19h37 en France (18h37 à l'échelle UTC), en direction du Sud-Ouest, dans un ciel bien dégagé, sans nuages et autre pollution visuelle (montagne, bâtiments, éclairages etc.). La grande conjonction était observable aux toutes premières heures de la nuit. Tout savoir du phénomène et de son observation ci-dessous :

Qu'est-ce que le phénomène astronomique de la grande conjonction ?

La "grande conjonction" est l'alignement maximal apparent de Jupiter et Saturne, les deux plus impressionnantes planètes de notre système solaire, dans notre champ de vision. Ce phénomène, qui se produit tous les 20 ans, se traduit cette fois-ci par un alignement presque parfait entre les deux planètes, avec un écart de seulement 6,1 minutes d'arc entre ces deux planètes.

"La Terre met un an pour faire le tour du Soleil, Jupiter 12 ans et Saturne 30 ans. Il est donc difficile que le phénomène se produise régulièrement", explique le professeur d'astronomie à l'université de Valle et directeur du réseau d'astronomie colombien, Hernando Guarin, à la BBC Monde. En effet, un rapprochement similaire entre les deux planètes ne se produira pas avant le 15 mars 2080. Après cette seconde date, il n'y aura pas d'autre opportunité avant l'an 2400... 

Quelle était la distance entre Jupiter et Saturne ?

Lundi 21 décembre, la séparation entre Jupiter et Saturne n'était que d'un dixième de degré (ou 6,1 minutes d'arc). Selon Patrick Hartigan, professeur de physique et d'astronomie à l'université de Rice à Houston au Texas, leur distance de séparation équivaut au "cinquième du diamètre d'une pleine lune", comme si elles formaient une double planète.

Mais si les planètes ont la même ascension droite ou longitude céleste lors de la grande conjonction, elles n'étaient pas si proches de la Terre. "En fait c'est une illusion d'optique", précise Jean-Claude Alléhaux, de l'association astronomique de l'Ain (A.A.A), au Progrès. "Les planètes sont comme des sportifs courant sur une piste, chacune dans leur couloir. C'est en regardant sur le côté au moment de leur passage simultané qu'on les voit se rapprocher. En réalité, Jupiter sera à 886 millions de kilomètres de la Terre, alors que Saturne sera à 1,6 milliard de kilomètres de la Terre." 

Observation de la grande conjonction entre Jupiter et Saturne

Les deux astres les plus lumineux de notre ciel nocturne offraient un spectacle captivant. Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire, et Saturne, la plus originale avec ses anneaux, étaient alignés quasiment côte-à-côte, visibles depuis notre Terre. Bien que la Grande conjonction soit davantage visible dans les endroits proches de l'équateur, "vous pouvez la voir à l'œil nu, mais l'idéal [était] bien sûr d'aller dans un observatoire ou de chercher des experts en astronomie qui [pouvaient] vous dire ce qui se [passait]", selon Hernando Guarin, à la BBC Monde.

Malheureusement pour une grande partie des Français, il semble que la "grande conjonction" s'est retrouvée cachée derrière les nuages ce lundi soir. Alors que Jupiter et Saturne s'étaient donné rendez-vous dans le ciel, les cumulus se sont invités aux retrouvailles et de nombreux observateurs ont fait part de leur frustration sur les réseaux sociaux. "Les nuages vous pourriez bouger du ciel svp ? Je veux voir la grande conjonction entre Jupiter et Saturne et vous gênez", a ainsi écrit l'un d'eux. Une autre a quant à elle confié s'être réconfortée en regardant un vers de terre "très mignon" au sol. "Ce soir, j'ai voulu regarder le phénomène astronomique. La conjonction entre Jupiter et Saturne. Un phénomène extrêmement rare qui n'est pas arrivé depuis Louis XIII ! Sauf que je suis de la région lilloise. Voilà ce que je vois... Merci les nuages !", a renchéri un troisième, tandis qu'un quatrième s'est extasié : "Oh purée Saturne est derrière Jupiter c'est trop stylé !!!!! (Bon on voit rien dans le ciel, mais avec SkyView on voit leur emplacement en temps réel)". Et un cinquième de conclure : "Je voulais prendre une photo de saturne et Jupiter, hélas le ciel est couvert alors je vous montre mon sapin."

En Inde en revanche, Sud Ouest rapporte que des centaines d'astronomes amateurs se sont rassemblés au Musée industriel et technologique Birla, à Calcutta. Les conditions étant davantage réunies que dans l'Hexagone, ces petits chanceux ont ainsi pu admirer le spectacle céleste.

Pas de jumelles, mais un télescope était utile à son observation

"Les jumelles peuvent séparer les planètes en raison de l'effet optique, il est donc préférable d'utiliser un télescope", indiquait Peter Lawrence, conseiller éditorial pour le magazine "Sky at Night" de la BBC. "Dans un télescope, vous ne verrez pas seulement comme un double disque, mais vous verrez aussi les anneaux de Saturne et les ceintures de Jupiter", ajoutait-il. Le site Stellarium pouvait vous être utile pour orienter correctement votre télescope.

 

 

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