4. Rémi Rousseau (France)

 


 

Thème d'incubation : facilier l'accès à la lucidité onirique

Je souhaitais avoir un rêve utile, utile pour tous, pas uniquement pour moi, un rêve qui, par exemple, donnerait des indications pour que chacun puisse accéder plus facilement à la lucidité onirique. En arrière-plan de ce souhait, il y a l’idée que ce pourrait être bénéfique pour tous que davantage de personnes s’intéressent à leurs rêves, et, si possible, accèdent à la lucidité onirique.
Je me suis imprégné de cette intention, assez longuement, j’ai rédigé un texte d’induction que je me suis répété, que j’ai également enregistré, en changeant l’« adresse » («tu» au lieu de «jef»), et que j’ai alors écouté plusieurs fois :

« Cette nuit, je vais (tu vas) avoir un rêve lucide.
Un rêve lucide, clair et lumineux.
Un rêve lucide, clair, lumineux et paisible.

Ce rêve m’apportera (t’apportera) des enseignements.
Des enseignements qui me (te) seront utiles.
Des enseignements qui seront aussi utiles à d’autres.

Des enseignements sur la nature du rêve lucide par exemple.
Ou bien des enseignements pour obtenir plus facilement des rêves lucides.
Ou bien encore des enseignements pour aider d’autres personnes à obtenir des rêves lucides.

Des enseignements,
Dans un rêve lucide, clair, lumineux et paisible. »

 

Commentaires généraux

La première nuit (20 au 21 décembre), je n’ai eu aucun souvenir de rêve, la deuxième nuit (21 au 22 décembre), ça a été la même chose.
Souhaitant vraiment avoir au moins un rêve à rapporter, j’ai décidé, pour la troisième nuit, d’utiliser une méthode qui circule sur les forums qui traitent des rêves lucides – la méthode « Senses Initiated Lucid Dream » (SSILD) – que j’avais employée deux ou trois fois déjà. Sans accéder ces fois-là à la lucidité onirique, j’avais toutefois remarqué que mes rêves avaient alors été plus clairs, plus nets, plus vifs, et que je m’en souvenais bien. (On peut trouver des explications quant à cette méthode sur le site «attrape-songes» : SSILD)
Normalement, il n’est pas recommandé d’utiliser cette méthode au coucher, car elle n’est pas efficace à ce moment-là, et il vaut mieux pratiquer après quelques heures de sommeil. Mais étant donné que je me réveille quasiment chaque nuit à la fin de mon premier cycle de sommeil, avec parfois des souvenirs de rêves, et de rêves plutôt intéressants car généralement très éloignés de mon quotidien, j’ai décidé de pratiquer au coucher. Je n’avais pas particulièrement le souhait d’accéder à la lucidité, mais celui d’avoir le souvenir un peu consistant d’un rêve, un rêve intéressant si possible.


Nuit du 22 au 23/12/17


4.1 - Lucidité inattendue

 

Réveil à 0 H 30

« Je suis dans la première chambre où je dormais étant enfant. J’essaye d’allumer la lampe de chevet. Elle ne fonctionne pas. Immédiatement, je réalise que je suis en train de rêver. Tout de suite ou un instant plus tard, je fais un test de réalité. Je me bouche le nez, l’air passe, il passe même très bien, on dirait un modèle de respiration tant je sens l’air passer. Je pense que je suis un peu pris au dépourvu. Je voudrais aller ailleurs. Je ferme les yeux pour essayer d’imaginer un ailleurs et ainsi m’y retrouver. Ça ne marche pas du tout. Il n’est pas certain que j’y aie mis beaucoup de conviction. […]


Je m’approche de la fenêtre et j’en écarte les rideaux. J’essaye de passer la main au travers de la vitre. J’y cogne le bout de mes doigts à plusieurs reprises. Puis il y a une vitre brisée à hauteur du sol. Je peux la pousser. Je suis maintenant de l’autre côté, sur un chemin qui borde l’immeuble, ce qui ne serait pas possible dans la réalité, car cet appartement était au 11ème étage. Je marche un peu, puis viennent dans ma direction deux ou trois femmes. Je commence à les laisser passer, puis il me semble que je voulais aborder un personnage de rêve – mais pour quelle raison, ça, je ne m’en souviens pas vraiment à ce moment-là. Je m’adresse à une des femmes, tout en marchant à ses côtés. Je lui demande où se trouve la rue de la Patagonie. Elle me l’indique plus ou moins. Je lui dis alors qu’il s’agissait d’une sorte de test, car nous sommes dans un rêve. Je lui dis également qu’elle va sans doute me prendre pour quelqu’un dont la santé mentale est altérée, et c’est manifestement ce qu’elle pense maintenant. Je m’éloigne, un peu désœuvré, je ne sais pas quoi faire de ma lucidité. »

Je me réveille. Il est minuit trente.

 

Commentaires

J’ai d’abord fait cinq minutes de cohérence cardiaque*, puis, une fois couché, quelques minutes plus tard (vers 22h30), j’ai pratiqué la méthode SSILD. D’abord des cycles courts, puis de plus longs, cinq ou six. Je me suis mis sur le côté, puis j’ai attendu le sommeil. Le sommeil ne vient pas, il n’est pas exclu que le train du sommeil soit passé et qu’il soit nécessaire d’attendre son prochain passage. Je me lève deux ou trois minutes avant minuit pour une courte escale aux toilettes. Je me recouche.

La première chose que je constate au réveil, et qui m’étonne vraiment, c’est que je suis très calme. La deuxième, c’est que je suis en train d’oublier le rêve… Je raccroche les wagons assez vite toutefois. La troisième chose que je constate, c’est que j’ai dormi une demi-heure, ce qui n’est pas habituel pour un premier cycle de sommeil. Mais je ne suis pas sûr qu’on puisse dire qu’il s’agissait d’un premier cycle de sommeil ; sa durée, le rêve plutôt long, la lucidité, ce ne sont pas des critères d’un premier cycle. Autre chose que je constate, c’est que, même si je pense avoir été lucide (j’ai un doute, mais le passage conscient du rêve à l’éveil plaide en la faveur de la lucidité), je trouve que ça a été une lucidité « brute », sans raffinement, notamment dans la première partie. Le souvenir n’en est pas très agréable. Je pense que ça pourrait cependant servir d’expérience pour une prochaine fois, dont j’aimerais qu’elle soit un peu plus poétique…
S’en est suivie une insomnie d’une heure trente, probablement renforcée (entre autres) par la remémoration du rêve, et les souvenirs qui me revenaient et que je notais dans mon carnet. Insomnie avant, insomnie après, la nuit a été courte…

Le contenu du rêve n’est pas important, mais ce qui me semble instructif, c’est cet accès à la lucidité, et notamment cet accès rapide, qui semble typique de cette méthode. Une des caractéristiques malheureuses de cette méthode, rapportée par de nombreuses personnes, c’est l’insomnie qu’elle provoque. Pour cette raison au moins, il vaut sans doute mieux la pratiquer après avoir dormi quelques heures.

* La cohérence cardiaque (lien vers des vidéos explicatives) est une méthode expliquée dans son livre «Guérir» par le regretté David Servan-Schreiber. C’est un exercice de respiration qui vise à réduire le stress. Cet exercice se pratique assis ou debout, et, de ce que j’ai pu constater au fil du temps, il n’a pas particulièrement d’effet favorable pour l’activité onirique ni la lucidité onirique, mais ce n’est pas le but de sa pratique…
Si je l’ai pratiquée à ce moment-là, ce que je ne fais pas habituellement le soir, c’est que j’avais remarqué que la méthode SSILD me provoquait parfois des palpitations. Je n’ai pas eu de palpitations de soir-là, mais le sommeil a vraiment tardé à venir…


 


4.2 - Nuit du 23 au 24
/12/17

Si le tabac faisait mourir, vous arrêteriez de fumer ? 

Réveil à 6 H 10


Je suis avec mon médecin traitant, et une jeune femme, sans doute de mon travail. Nous sommes dehors, dans mon quartier, nous marchons de conserve. Je leur dis que je dois aller m’acheter des cigarettes. J’ai bien conscience que je suis avec mon médecin traitant, et que ce n’est sans doute pas une très bonne idée de lui dire cela, même si nous ne sommes pas ensemble à ce moment-là pour des raisons médicales. Il marque un temps d’arrêt, il semble réfléchir, puis il me dit « Si le tabac faisait mourir, vous arrêteriez de fumer ? » Je lui dis alors que je fume peu, je réfléchis un peu à ce que je vais lui dire ensuite, à ce qui serait bien que je lui dise. Je lui dis alors que je fume une cigarette tous les dix jours, ce qui n’est peut-être pas tout à fait exact dans le rêve, car il n’est pas exclu que ma consommation soit un peu supérieure. Il semble rasséréné. J’ai l’impression qu’on pense la même chose, à savoir que je ferais mieux de ne plus fumer du tout, si je ne fume qu’une cigarette tous les dix jours. Je renonce manifestement à aller m’acheter des cigarettes.

Nous sommes maintenant tous les trois assis dans une sorte de tramway un peu vieillot qui se déplace dans une ville très ensoleillée, qui pourrait être en Espagne par exemple. Nous continuons à parler assez longuement de cigarettes et des méfaits du tabac. À un moment, le médecin nous explique quelque chose au sujet des effets du tabac sur le cerveau. Il nous détaille une sorte de couche d’impuretés ou de saletés qui se dépose sur le cerveau… Les images qui me viennent en tête à ce moment-là ne sont pas très ragoûtantes... Le trajet se poursuit, la discussion également, même si je ne me souviens pas de tout. Il y a un moment où je commence à lui expliquer que, même après avoir arrêté de fumer depuis plusieurs années, il arrive parfois que l’envie survienne un bref instant. Il m’interrompt assez vivement, mais sans agressivité, et je devine qu’il essaye de m’expliquer qu’il ne faut pas se laisser avoir par l’attrait que peut prendre le tabac ou que l’industrie du tabac essaye de lui donner. » Je me réveille peu de temps après, il est 6 h 10. 


 

Commentaires

j’ai arrêté de fumer il y a maintenant plusieurs années, et je n’ai pas l’intention ni l’envie de recommencer. Et si les raisons liées à la santé n’y suffisaient pas, le fait que le tabac soit devenu un produit de luxe et qu’il le deviendra de plus en plus serait (pour moi en tout cas) un argument radical pour ne pas recommencer... Cela pour dire que le tabac n’est pas un sujet de préoccupation personnelle, juste de temps en temps un sujet de réflexion générale.

Qu’un ancien fumeur rêve qu’il fume, c’est assez banal, et je crois que ça arrive à beaucoup. Mais dans ce rêve, le tabac est le sujet principal, et la question que me pose mon médecin est formulée d’une façon qui me semble intéressante, étonnante et pertinente. Cette question est une « création onirique » qui ne me doit rien, car je ne me suis jamais exprimé les choses ainsi à l’état de veille. Mais je trouve que c’est une façon de dire les choses qui mériterait sans doute d’être testée dans la vie de veille (ce que je n’ai pas encore fait, mais qui viendra peut-être…).

 


Email : remi_rousseau@laposte.net

 


 

 


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