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Couverture du N° 32 de la revue Oniros - 4e tr. 1990 - 1er tr. 1991

 


 

La Fin du Monde

COP 24 2018

 

 

C'est quoi, la COP24 ?

Les réponses aux questions que vous vous posez sur la conférence sur le climat

 

La "Conference of the parties" sur le réchauffement climatique aura lieu à Katowice en Pologne du 2 au 14 décembre 2018. Les réponses aux six questions qui vous trottent peut-être dans la tête.

franceinfoRadio France

Publié le 30/11/2018

Le 2 décembre 2018 verra s’animer la ville de Katowice, au sud de la Pologne. Une armada de diplomates, chefs d’Etat, experts, chefs d’entreprises, lobbyistes en tous genres, vont se retrouver à l’occasion de la COP24. Pendant deux semaines, la "Conference of the parties" ambitionne de concrétiser en directives l’Accord de Paris, signé en 2016. Objectif : fixer un cadre international d’action ambitieux pour lutter contre les changements climatiques.

La COP 24, c’est quoi ?

La COP24, 24e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies (dite "CNNU") sur les changements climatiques, se tiendra à Katowice, une ville du sud de la Pologne, au cœur du bassin charbonnier de la Silésie, du 2 au 14 décembre. Soit un jour plus tôt que prévu, les organisateurs ayant estimé que le temps initialement imparti était insuffisant pour que les négociations aboutissent. La COP a pour objectif d’adopter les directives d’application de l’Accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015 au Bourget à l’issue de la COP21. Elle sera présidée par le vice-ministre polonais de l’Energie, Micha? Kurtyka.

Qui y participe ?

196 pays seront représentés à la COP24. Parmi les participants, on compte aussi des acteurs non étatiques, ONG et institutions. Lors du dernier sommet intermédiaire pour l’action climatique mondiale, plus de 4 000 représentants d'organisations sont venus demander aux gouvernements de contribuer à un accord lors de la COP polonaise.

Quel(s) objectif(s) ?

La COP24 doit aboutir à la rédaction d'une feuille de route pour que chaque État puisse appliquer l'accord concrètement. Elle consistera donc en théorie à adopter toutes les décisions garantissant la pleine application de l’Accord de Paris. Ce dernier vise à limiter d’ici à 2100 le réchauffement climatique à +2°C maximum, et de "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C". L'accord prévoit aussi une aide annuelle de 100 milliards de dollars d'ici à 2020 pour aider les pays pauvres à atteindre ces objectifs. La France, qui s’est par exemple engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030, a autorisé sa ratification le 15 juin 2016. Les États-Unis se sont, depuis, retirés de l’accord. Les pays doivent s'engager à intensifier leurs efforts dans ce domaine, par une drastique réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les engagements actuels conduiraient, en effet, selon le GIEC, à une hausse de la température moyenne mondiale de plus de 3°C par rapport à l'ère préindustrielle.

L'objectif ultime de tous les traités qui entrent dans le cadre des conférences organisées par les Nations-unies est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Il s’agit aussi de faire redémarrer le Fonds vert pour le climat, caissecommune des investissements en faveur du climat pour les pays en voie de développement.

Qui sont les pays les plus réticents ?

Citons comme premier des rétifs l’Amérique de Donald Trump : le 1er juin 2017, le président américain annonçait le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, faisant s’écrouler les espoirs des uns et des autres. D’abord parce que les Américains pèsent lourd politiquement et économiquement sur la scène internationale. Ensuite parce qu’ils sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde, après la Chine. Outre les États-Unis, citons l’Australie et le Brésil, qui ont tous deux fait savoir qu’ils limiteraient au maximum leurs engagements. En France, Emmanuel Macron avait averti dans la foulée qu’il ne conclurait plus d’accord commercial avec les États qui ne respecteraient pas l’accord de Paris. Un vœu pieux : les accords commerciaux ne sont pas, dans les faits, signés de manière autonome par la France, mais par l’Union européenne.

Et la Chine, alors ?

Premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, la Chine pourrait pourtant s’avérer un partenaire relativement fiable, ou au moins un allié de poids pour l’Union européenne et les Canadiens devant les États-Unis. A l’annonce du retrait américain de l’Accord de Paris, on a ainsi vu Pékin porter son attention sur les pays en voie de développement pour relever leurs ambitions et mis en avant la théorie de "responsabilité partagée mais différenciée". Il s’agit à cet égard de considérer que les pays développés, dont l’empreinte carbone est donc élevée, doivent aider leurs cousins en développement pour lutter contre le changement climatique. La Chine a par ailleurs atteint les objectifs qu’elle s’était fixée pour 2020 en termes d’émissions de gaz à effet de serre, et est le premier investisseur mondial en énergie propre. Il est cependant difficile de prédire le rôle que le pays jouera lors de la Conférence : malgré ces points positifs, les Chinois ont repris, malgré leurs promesses, la construction de nouvelles centrales thermiques, et finance via des programmes d’investissement la construction de centrales à charbon chez ses partenaires pakistanais, égyptiens ou dans les Balkans.

Pourquoi avoir choisi la Pologne ?

Ce n’est pas la première fois que la Pologne reçoit une COP : le pays avait hébergé en 2008, la COP14 à Poznan, puis en 2013, la COP19 à Varsovie. La Pologne avait par ailleurs présidé la COP5 de Bonn, en 1999. Ceci ne fait pas du pays le meilleur élève de la classe écologique d'Europe. La Pologne tire actuellement 80% de son électricité du charbon, dans des centrales thermiques obsolètes, qui, pour bon nombre d'entre elles, devront fermer dans les dix ans à venir. La première centrale nucléaire de Pologne devrait entrer en service après 2030, le pays visant désormais à réduire la part du charbon dans sa production d'électricité. La Pologne, qui émettait déjà 7,63 tonnes annuelles de CO2 par habitant en 2016 d’après l’Agence internationale de l’énergie (contre 4,38 tonnes pour la France), passe pour le plus mauvais élève de l'Europe en la matière.


 

 

COP 24: A Katowice, les négociations jouent les prolongations

 

Il n’y aura pas de décision finale adoptée ce vendredi soir à Katowice. Cette COP 24, comme d’autres par le passé, va sans aucun doute déborder. « 20 Minutes » vous récapitule ce qui se trame dans cette dernière ligne droite…

Par Fabrice Pouliquen

 20minutes.fr - Publié le 14/12/18
  • Les négociations sont âpres à Katowice, si bien que la décision finale de cette COP 24 n’est pas attendue avant très tard dans la nuit et sans doute bien plus samedi dans la journée.
  • Cette COP 24, présentée comme la plus importante depuis celle de Paris en 2015, doit accoucher des règles d’application de l’accord de Paris. Un point qui l’objet de nombreuses tensions dans les négociations climatiques.
  • Ce n’est pas le seul. La référence au dernier rapport du Giec ou encore « des pertes et dommages » posent aussi question.

Attention spoiler : le coup de marteau approuvant officiellement la déclaration finale de la COP24 de Katowice (Pologne) ne tombera pas ce vendredi. Ce devait pourtant être le cas, après quinze jours de négociations climatiques. Mais ces dernières ont été poussives tout au long de cette 24e conférence sur les changements climatiques, présentée comme la plus importante, aux regards de ses enjeux, depuis la COP 21 de Paris. Où en sont les négociations ? 

20 Minutes fait le point.

Que comprendra la déclaration finale de la COP 24 ?

L’un des gros pavés est constitué des règles d’applications de l’accord de Paris. Ce fameux rulebook, qui fait plus de 100 pages à lui seul. C'est la mission principale de cette COP24.

Cette déclaration finale devra aussi préciser l’accueil qu’elle fait du dernier rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) sur les conséquences déjà alarmantes d’un réchauffement climatique à 1,5°C d’ici à 2100 [alors que nous sommes bien plus actuellement sur une trajectoire de 3 °C]. Il est attendu aussi que ce texte final aborde la question de l’ambition climatique, en appelant les Etats à rehausser avant 2020 leurs engagements à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Où en sont les négociations ?

Michel Kutyka, le président polonais de la COP24, a publié jeudi soir une première version du rulebook. Les chefs des délégations diplomatique des Etats présents à Katowice ont commencé à se pencher dessus dans la foulée et jusque tard dans la nuit.

Ils sont regroupés par groupes régionaux que la présidence polonaise consulte, un par un, pour avoir leur retour. Ce « brainstorming » devrait déboucher sur une deuxième version du rulebook. « Elle sera examinée ce soir, sans doute tard dans la nuit », confie une source proche de ces négociations. Aux dernières nouvelles, les nouveaux textes pourraient tomber à 2 heures du matin ce samedi. Et la dernière plénière est annoncée à 4 heures du matin.

Pourquoi ça coince encore sur la transparence ?

Les règles de transparence sont l’un des points majeurs du rulebook. Elles doivent préciser la façon dont chaque Etat rend compte de son action climatique. A la fois sur la mise en œuvre des engagements pris mais aussi sur la comptabilité de ses émissions de gaz à effet de serre. « Des règles de transparence existent d’ores et déjà, explique Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’ Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Mais jusqu’à présent, elles n’étaient pas les mêmes suivant qu’on était un pays développé ou en voie de développement. » Pour faire simple, ces règles étaient strictes pour les premiers, moins voire parfois nulles pour les seconds.

Le contexte a changé aujourd’hui. La prise de conscience de l’urgence climatique s’accélère et exige désormais que l’ensemble des pays contribuent à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Surtout, « des Etats rangés hier parmi les pays en voie de développement - la Chine ou l’Inde par exemple, deux gros pays émetteurs de C02- ont la capacité aujourd’hui de rendre compte de leurs engagements et/ou de comptabiliser leurs émissions », indique cette même source proche des négociations.

Ce rulebook doit alors faire émerger un nouveau système de règles de transparence. Un dossier épineux, « même si nous avons beaucoup avancé ces dernières heures », s’accordent à dire plusieurs observateurs. « On se dirige vers des règles de transparence s'appliquant à tous mais prévoyant des facilités pour les pays dans l’incapacité encore aujourd’hui de les appliquer, explique David Levaï, de l’Iddri. Le recours à ces facilités devra être justifié et ne fonctionnera que pour une période de transition. Le temps que les Etats les moins avancés montent en gamme et puissent adopter le régime commun. »

Quels sont les autres points d’achoppement à Katowice ?

La référence que doit faire la décision finale de la COP 24 au dernier rapport du Giec pose toujours question. Ce point avait fait grand bruit le week-end dernier, L’Arabie saoudite, les Etats-Unis, la Russie et le Koweït ne veulent pas « accueillir » ce rapport, comme la majorité de la communauté internationale, mais seulement « en prendre note », ce qui les engage moins à revoir à la hausse leurs ambitions climatiques. Ce point n’est toujours pas totalement réglé, faisait entendre, jeudi soir, Isabella Lövin, vice-ministre suédoise en charge du climat.

Un autre point de tension est celui des « pertes et dommages », c’est-à-dire les dommages inévitables causés par les dérèglements climatiques tels que les ouragans ou les inondations. Le sujet est majeur pour les pays les plus vulnérables aux changements climatiques. D'autres – ceux du Nord notamment- sont frileux à le mentionner dans les textes officiels, de peur d’avoir à émettre des chèques en blanc au titre de réparation. « Alors que l’accord de Paris y accordait un article entier, elle est aujourd’hui relayée en note de bas page dans le rulebook, s’inquiète Fanny Petitbon, responsable des plaidoyers pour l’ONG Care France. Face aux mécontentements de certains pays, une accroche sur « les pertes et dommages » a été ajoutée à l’actuelle version de la décision finale de la COP 24. « Mais dans des termes vagues, c’est encore insuffisant », note Fanny Petitbon.

Enfin, il y a tout ce qui touche aux mécanismes de coopération de marché. Un volet technique complexe qui permet aujourd’hui à des Etats dont les émissions dépassent les plafonds d’acheter des crédits « carbone » à d’autres pays. « Puisque les futures règles de transparence obligeront l’ensemble des Etats à rendre des comptes et à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, plus aucun pays n’aura intérêt à vendre des crédits carbone, explique David Levaï. Il faut donc se demander ce qu’on fait de ces mécanismes de coopération de marché et l'adapter au nouveau contexte.»

Et après la COP 24 ?

La COP25 se tiendra au Chili, c’est officiel depuis ce vendredi. Mais les regards se tournent surtout sur le Sommet sur le climat que programment les Nations Unies en septembre prochain à New York. Ce sera alors véritablement le dernier moment, pour les Etats, de revoir à la hausse leurs ambitions climatiques. L’accord de Paris sur le climat donnait aux pays signataires jusqu’à 2020 pour déposer leurs engagements à réduire leur gaz à effet de serre. Beaucoup d’Etats ont déjà déposé leurs contributions nationales (pour certains, il y a plusieurs années déjà). L’enjeu aujourd’hui est qu’ils acceptent de les revoir à la hausse en prenant en compte les derniers rapports scientifiques invitant à être plus ambitieux. Plusieurs pays sont réfractaires, y compris au sein de l’Union européenne.

« L’actuelle version de la décision finale de la COP 24 fait écho de l’importance de ce sommet de septembre prochain, raconte Lola Vallejo. Et c’est une nouvelle fois l’objet de tension. L’extrait dit que ce sommet permettra aux Etats de montrer, par leur participation, leurs ambitions climatiques. Certains Etats ne veulent pas s’engager autant. » Un autre exemple de la difficulté des négociations à Katowice.

 

 

COP24 : "On accouche d'un manuel d'application basé sur le plus petit dénominateur commun" !

 

Le porte-parole climat de Greenpeace regrette la présence des lobbies et du secteur privé au sein de la COP24, "qui viennent entraver les discussions". 

 

franceinfoRadio France


Publié le 16/12/2018

Après deux semaines de discussions, les 196 États de la planète sont parvenus à un accord, samedi 15 décembre au soir, au terme de la 24e conférence sur le climat, qui se déroulait à Katowice, en Pologne.

Le but était de déterminer un mode d'emploi pour appliquer les mesures décidées à Paris il y a trois ans, qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique à 2%. "On accouche d'un manuel d'application basé sur le plus petit dénominateur commun", regrette Clément Sénéchal, chargé de campagne et porte-parole climat pour Greenpeace France, invité dimanche 16 décembre sur franceinfo.

franceinfo : Êtes-vous déçus face au manque de réactivité des dirigeants de la planète ou finalement n'en attendiez-vous pas plus ?

Clément Sénéchal : On est très déçus. On accouche d'un manuel d'application basé sur le plus petit dénominateur commun. Or, le changement climatique a lieu aujourd'hui, pas demain. Ce sont déjà des centaines de milliers de vies qui sont menacées et atteintes par le changement climatique, il y a des États insulaires qui sont en train de disparaître. On a l'impression que les États les plus riches essaient de gagner du temps en permanence. On a une COP24 incapable de demander aux États de réviser à la hausse leur feuille de route et leurs efforts climatiques.

À quoi sert cette COP24, quand on sait par exemple que l'un de ses principaux sponsors est le premier producteur de charbon de l'Union européenne ? 

Il y a un vrai problème, qui est la présence des lobbies et du secteur privé, qui viennent entraver les discussions. Le Medef avait d'ailleurs laissé fuiter une feuille de route sur comment saborder ces négociations climatiques. Pour autant, ça reste un espace multilatéral et ça nous permet d'entendre la voix des petits pays, qui sont les plus menacés par les conséquences du changement climatique. C'est un endroit où les pays riches sont obligés d'écouter ce qu'ont à leur dire les petits États.

Les climatologues l'ont dit et redit, si on n'agit pas maintenant, d'ici 30 ans des territoires entiers ne seront plus habitables, notamment en Asie du Sud. Que peuvent-ils dire de plus pour être entendus ?

Il doit y avoir un certain désarroi au sein de la communauté scientifique. L'un des grands regrets de cette COP24 est que les États n'ont pas été capables d'accueillir favorablement le dernier rapport spécial du GIEC, le rapport 1.5, qu'ils avaient eux-mêmes commandé lors de la COP de Paris en 2015. Il prône la diminution de moitié des gaz à effet de serre d'ici 10 ans. Aujourd'hui, on n'a pas un accord, on n'a pas un résultat des discussions. Il faut continuer à faire monter la pression dans la société civile. Les derniers sondages d'opinion montrent que l'enjeu climatique fait partie des priorités des Français.

La majorité des populations veut voir des actions politiques. Ce qui s'est passé dans la séquence climat, ce n'est pas ce qui s'est passé dans l'enceinte des négociations elles-mêmes mais ce qui s'est passé en dehors, avec des marches climat qui ont été nombreuses et massives. Les citoyens sont convaincus car ils perçoivent les signaux des médias, des ONG, des scientifiques. Il faut obtenir une action politique. La plus mauvaise idée, ce serait de renoncer face à l'incapacité de nos dirigeants à construire un projet de société qui place la lutte contre le changement climatique en son cœur.

 

 

 

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