NIVERNAIS-MORVAN
AVALLON
CLAMECY

 

HISTOIRE, LÉGENDES & TRADITIONS

MORVANDELLES & NIVERNAISES

 

 

 

Menace sur la forêt du Morvan : le projet Erscia

Coupe-à-blanc

Photo prise le 19/06/2013 © Radio France - 2013

 

(ré-)écouter Terre à terre : Menace sur la forêt du Morvan

Autour du projet de scierie industrielle à Sardy-les-Epiry dans le Morvan.
Avec : Jérôme Bognard, vice-président d’Adret Morvan (Association pour le développement dans le respect de l’environnement en territoire Morvan et environs) à Château-Chinon; Muriel André, membre de l'association Adret Morvan et Lucienne Haese, présidente de l'association Autun Morvan Ecologie.

_

POUR LA SAUVEGARDE DU MORVAN

 

Cliquer sur l'image pour accéder au site

Association pour
le Développement
dans le Respect
de l'Environnement
en Territoire Morvan

 

 

Touche pas à ma forêt : non à la destruction du MORVAN !

Signez la pétition Adret Morvan adressée à M. François Patriat

 

Le Bois du Tronçay est un cas symptomatique et symbolique de ce qui se prépare en France et en Europe. La sauvegarde de ce site doit être la première étape vers un mouvement national de préservation de la forêt française. Depuis le 4 février 2013, nous, citoyens du Morvan, occupons le pré de la Justice pour protéger le bois du Tronçay (Sardy, Nièvre) pour préserver l’écosystème morvandiau et empêcher le déploiement d’un projet de greenwashing dans la région. La situation est difficile… Nous avons plus que jamais besoin de votre soutien pour qu’un désastre écologique ne voie pas le jour.

Qu’est-ce le projet Erscia ?

Le projet Erscia est une Méga Scierie dotée d’un incinérateur qui va mettre en péril le patrimoine forestier du Morvan. Cet incinérateur polluera l’environnement et l’eau (Erscia sera autorisée à bruler 75% de déchets de bois non assimilables à de la biomasse).

Pourquoi nous y sommes vivement opposés ?

La lutte contre le chômage doit s’envisager au-delà de la durée d’un mandat électoral. Elle doit se fonder sur un raisonnement à long terme prenant en compte l’impact écologique et économique.

Un désastre écologique

La ressource en bois n’est pas compatible avec les ambitions d’Erscia. Son implantation est prévue pour traiter près de 1900 m3 par jour, entrainant la coupe quotidienne de 3 hectares, soit l’équivalent de 4 terrains de football toutes les 24 heures, soit 1250 terrains par an. De telles installations conduisent l’ensemble de la forêt bourguignonne et française à l’industrialisation massive de la sylviculture. A l’image de l’agriculture intensive, nos forêts deviendront des champs d’exploitation nécessitant engrais et pesticides. Les sols, la biodiversité seront détruits et l’eau deviendra polluée et acidifiée.

Une aberration économique

En plus d’un désastre écologique, ce projet contribuera à aggraver la crise économique et sociale de la Nièvre. En effet, les scieries du département, déjà en difficulté, ne pourront pas supporter la concurrence déloyale auxquelles elles seront soumises. Créer 120 emplois sur le pays corbigeois pour en perdre 300 sur le reste du département est sans intérêt.

En conclusion

En choisissant Erscia plutôt qu'une économie locale, solidaire et respectueuse de l'environnement, les élus de la Nièvre favorisent les intérêts d'actionnaires belges ou luxembourgeois, plutôt que ceux de la population nivernaise ; la finance, responsable de la crise que nous vivons, plutôt que l'intérêt général; l'exploitation outrancière et à court-terme, plutôt que le développement durable du département.

Nos demandes :

1. Arrêt du projet Erscia (Méga Scierie/Incinérateur) qui va mettre en péril le patrimoine forestier du Morvan.

2. Protéger la biodiversité du Morvan actuellement mise en péril par l’industrialisation massive de la sylviculture.

3. Préserver l’attrait touristique du Morvan.

4. Le vote d’une loi pour permettre une gestion pérenne des bois et forêts françaises.

Merci à tous de votre soutien ! N'oubliez pas d'informer vos proches de ce désastre écologique qui s'annonce ! C'est tous ensemble que nous l'empêcherons !

Les occupants de la ZAD du bois du Troncay et l'association Adret Morvan

Cliquer pour agrandir et télécharger cette page d'information recto-verso

 

N-B : L'association Adret-Morvan tiendra une Assemblée Générale le samedi 6 juillet 2013,
à partir de 14 H., à la ferme du Château de Lantilly

 

2015 : Le Tribunal administratif de Dijon donne raison aux opposants au projet Erscia !

 

Journal du Centre, 17/4/2015

 


Victoire !


21 juin 2015 — VICTOIRE ! Après 3 ans de combat, c’est avec une grande émotion et un grand soulagement que nous vous l’annonçons. Le 16 avril dernier, le tribunal administratif de Dijon a définitivement mis fin au projet industriel Erscia (Méga-scierie) qui menaçait de destruction les forêts du Morvan. Si nous avons gagné c’est grâce à vous ! Votre incroyable mobilisation a permis d’éviter qu’un nouveau désastre écologique ne voit le jour. Nous souhaitions vous remercier du fond du coeur pour votre soutien. La mobilisation citoyenne se poursuit dans le Morvan !

De cette mobilisation locale et nationale est née une volonté d’imaginer, de penser et de construire un projet ensemble au cœur du Morvan. Nous ne pouvons pas nous contenter de discours. Il est temps d’agir. Face à immobilisme et aux contradictions de nos politiques, il nous faut montrer l’exemple pour permettre l’émergence d’une société basée autour d’une économie locale, non délocalisable, solidaire et respectueuse de la nature.

Dans l’élan de de cette incroyable mobilisation citoyenne, nous venons de lancer un Ecolieu pour le Morvan : le Carrouège. Un lieu d'innovation, de convivialité et d’échanges où les habitants de la région et ceux qui nous rendent visite trouveront de quoi nourrir le corps et l’esprit. Pour concrétiser définitivement ce projet bénévole, solidaire et citoyen nous avons besoin de vous ! Soutenir ce projet c’est :

1) Participer au développement d’une économie locale et durable

2) Favoriser des rencontres, des débats et des découvertes

3) Aider à sensibiliser aux enjeux de la Forêt Aidez-nous à finaliser cet écolieu ! Chaque petit geste est essentiel. Pour nous soutenir et tout savoir du projet rendez-vous sur :

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/le-carrouege-un-ecolieu-pour-le-morvan

Un immense merci à tous !!!

Source : https://www.change.org/start-a-petition

 

Cliquer sur l'image pour aller sur le site de Kisskissbankbank

 

Présentation détaillée du projet

En 2012, des centaines de personnes se sont rassemblées dans le Morvan pour lutter contre un projet de méga-scierie qui menaçait les forêts du Morvan et sa biodiversité. Grâce à votre mobilisation, et suite à plusieurs succès judiciaires, le projet a été abandonné.

De cette mobilisation locale et nationale est née une envie d’imaginer, de penser, de construire un projet ensemble au cœur du Morvan. Nous ne pouvons pas nous contenter de discours. Il nous faut montrer l’exemple pour permettre l’émergence d’une société soutenant une économie locale, non délocalisable, solidaire et respectueuse de la nature.
Voila la philosophie de l’écolieu du Morvan que nous avons lancé.

Notre écolieu est un lieu de convivialité et d’échanges, où les habitants et ceux qui nous rendent visite trouvent de quoi nourrir le corps et l’esprit.

Soutenir l’écolieu du Morvan c’est :

1) Participer au développement d’une économie locale et durable
2) Favoriser des rencontres, des débats et des découvertes
3) Aider à sensibiliser aux enjeux de la Forêt

Aidez-nous à concrétiser cet écolieu ! Chaque petit geste est essentiel.
C’est une pierre supplémentaire, indispensable, pour prouver qu’il est possible d’innover afin de construire un autre modèle plus écologique et plus solidaire.



1. Un écolieu pour participer au développement d’une économie locale et durable

Dans le Morvan, des dizaines de producteurs ont fait le choix courageux de rompre avec le système économique dominant. Agriculteurs bio, producteurs de matériaux écologiques, artisans et artistes veulent promouvoir une production pérenne et écologique, une économie à taille humaine, adaptée à la vie rurale. Ces producteurs peinent à trouver leurs places face aux géants de la grande distribution. Nous pensons que l’écolieu peut être une partie de la solution.

L’écolieu sera un espace de distribution et de vente de produits locaux. Une boutique bio et une conserverie seront mises en place au plus vite. De plus, chaque samedi après-midi, un marché bio sera ouvert sur place.


2. Un écolieu pour se rencontrer, échanger et apprendre.

Imaginer l’évolution de nos territoires ne peut se limiter à l’économie.
Depuis trois ans, nous avons appris à nous connaître, à faire évoluer notre regard et à apprendre de l’autre. L’écolieu est la meilleure façon de poursuivre ces échanges. Dans le Morvan, les jeunes et les moins jeunes disposent de peu d’espaces de rencontres et de débats. C’est pourquoi nous voulons faire de cet écolieu un lieu de diffusion culturelle Il comprendra notamment un café culturel, un restaurant, une salle permettant des projections, des spectacles, des conférences, des concerts et un espace d’exposition artistique.


3. Un écolieu pour sensibiliser aux enjeux de la forêt

C’est à cause des menaces qui pesaient sur nos forêts que nous nous sommes rencontrés, c’est autour d’elle que nous souhaitons vous proposer de continuer à agir.

L’écolieu sera le siège permanent de l’association Adret Morvan qui compte déjà plus de 1000 adhérents. Adret Morvan est devenu l’un des acteurs importants de la défense et de l’avenir de nos forêts. En septembre 2014, Adret Morvan a participé été à l’origine avec d’autres associations au lancement de SOS Forêt France, un collectif qui milite pour l’instauration d’une réglementation juste et durable de l’exploitation de nos forêts, protégeant sa biodiversité, son écosystème et l’avenir de sa filière.

La forêt est un espace mal connu, elle est pourtant d’une richesse sans limite. Nous souhaitons donc concevoir un espace de ressources sur la forêt, ouvert à tous, proposant notamment de la documentation, une exposition permanente, et se faisant le relais de la filière bois locale respectueuse de la forêt.

*


Un projet imaginé et porté par des écocitoyens du Morvan



L’écolieu est le résultat d’une démarche citoyenne, collective et coopérative. Cette aventure a débuté de manière effective lors d’une réunion de présentation le 19 octobre 2014. Un groupe d’environ 30 personnes s’est constitué. Organisées en groupes de travail, elles ont donné vie au projet. L’écolieu du Morvan, "Le Carrouège", a ouvert ses portes le 16 mai 2015.


L’aventure commence, le lieu est géré collectivement et bénévolement par différents groupes.

Alicia, Anne et Wilfrid sont en charge du groupe marché, boutique, relations avec les exploitants.

"Aujourd'hui, plus d'un tiers de ce que nous produisons devient déchet !!! Sans avoir été utilisé ! Une conserverie, c'est la base, les secrets de nos grands mères, pour que, à terme, plus rien ne soit perdu. Une conserverie c'est aussi un outil de "valeur ajouté". Faire d'une matière première et d'un savoir faire un produit élaboré et d'une meilleure longévité. Une conserverie, c'est la convivialité et la gastronomie de l'hiver, la ratatouille et les haricots verts dégustés devant la cheminée. Une conserverie c'est aussi embouteiller, vins, soupes, sirops, bières, cidres et liqueurs... Une conserverie, ça peut devenir, charcuter, saler et fumer diverses viandes et poissons ! Une conserverie, c'est un sens de la vie, la gastronomie..."


Nathalie, Maud, Joëlle et Muriel s'occupent du groupe programmation culturelle du Carrouège.

"Dans la Nièvre depuis 15 ans, j'ai créé un lieu d'échanges et partage artistiques et culturels (Alter Ego Musée des Mondes Imaginaires) pour prouver que l'on peut être perdu dans un pli de la carte et avoir une vie sociale participative. Convaincue qu'il faut se rassembler pour protéger et améliorer notre lieu de vie, depuis le départ mobilisée sur la ZAD, il m'a semblé plus que naturel de participer à la création d'un lieu autour des valeurs portées par l'ADRET."


Christiane et Claude organisent le groupe restauration et bar.

"Les initiatives de ce genre sont rares dans le Haut Morvan, je l'espérais sans y croire et celle-là m'a permis de me rendre compte du nombre important de personnes qui attendait que cela émerge pour s'y retrouver. Je suis ravie de voir et de participer à ce mouvement qui peut aider à repenser notre économie locale."



Régis et Isabelle sont les référent du groupe centre de ressources sur la forêt.

"La lutte contre la méga-scierie et incinérateur Erscia m'a conduit à étudier la problématique forestière. A cette occasion j'ai découvert l'ampleur du problème de l'industrialisation de la forêt et des ravages de la monoculture du résineux. Ce projet d'écolieu va nous donner des outils supllémentaires pour alerter la population et mobilier contre la destruction de la forêt. "



Enfin Pascal et Arnould sont responsables du groupe travaux et aménagement du lieu.

"Contribuer à la création d'un écolieu dans le Morvan est un projet qui offre une réjouissante perspective, porteuse de sens et une alternative positive pour l'avenir."

*

Photos RR du 4/7/2015

Un écolieu au coeur du Morvan dans un lieu déjà chargé d’histoire

Nous avons installé notre écolieu au carrefour de Vauclaix, situé au cœur du Morvan. Ce choix n’est pas anodin. Le carrefour de Vauclaix a hébergé pendant de nombreuses années un café culturel. On pouvait y discuter, rencontrer des auteurs, écouter des artistes, visionner des documentaires, fabriquer et cuire du pain et tant d’autres choses qu’il nous paraît essentiel de faire revivre.

Lieu-dit situé sur la commune de Vauclaix, dans le Parc naturel régional du Morvan, il est ainsi nommé parce qu’il se trouve à l’intersection de deux routes départementales parmi les plus fréquentées du Morvan (axe Lormes Château-Chinon et axe Corbigny Saulieu).

L’écolieu disposera d’une surface utile de 195 m².

Il s'appelle désormais "Le Carrouège".
On vous attend !

*

À quoi servira la collecte ?

Après plusieurs semaines de travaux et de mise aux normes effectués par des dizaines de bénévoles, le Carrouège a ouvert ses portes. Chaque samedi, le marché bio attire de nouveaux producteurs et de nouveaux visiteurs. Les activités du café culturel sont aussi un beau succès. Nous avons besoin de vous et de votre générosité pour stabiliser le projet et acquérir définitivement le lieu. Son actuelle propriétaire a accepté de nous le louer pour un prix symbolique en attendant que nous rassemblions la somme nécessaire à l’achat.

Nous avons lancé une souscription auprès des adhérents et il nous manque aujourd’hui 16 000 euros. Chacun de vos dons comptent et nous permettront d’atteindre cet objectif !

On détermine notamment la vie d'un arbre au nombre de ses cernes. De façon symbolique, votre nom sera alors inscrit sur un cercle de bois présent au Carrouège. Plus le don sera grand, plus le cercle le sera, comme le symbole d'un peu plus de temps de vie pour le projet !

Nous sommes soutenus par :



Tous les bénévoles, que nous sommes, vous remercient de votre aide.

 

Le comité de "soutien à Erscia" officiellement créé (sic)


JdC - Corbigny - 16-4-13 - Une quarantaine de personnes, dont quelques élus, ont participé, mardi soir, à la création d'un comité de soutien au projet industriel de la société Erscia à Sardy-lès-Épiry. Cette réunion s'est déroulée à la mairie de Corbigny.
Nicole Hernando, commerçante, a été élue présidente du comité *. Une manifestation de soutien à Erscia est programmée à Corbigny le 1er mai.

* NdR : Maire de la commune de Neuffontaines.


Aux dernières nouvelles, le comité de soutien au projet Erscia a du souci à se faire : le projet risque fort d'être prochainement rejeté par le Conseil d'Etat !

 

Erscia : Jean-Paul Magnon pessimiste

JdC - 10/10/13 - Jean-Paul Magnon, président de la Communauté de communes du Pays corbigeois, n'a pas caché son pessimisme en séance mardi soir, en répondant à une question d'un délégué sur le projet Erscia à Sardy-lès-Épiry.
"Le dossier a été présenté devant le Conseil d'État et nous savons que le rapporteur n'a pas fait une présentation très positive. Nous attendons la décision mais il est rare que le Conseil d'État ne suive pas le rapporteur", a-t-il reconnu.
"Si notre recours est rejeté, il faudra attendre le jugement sur le fond et le projet prendra un an de retard. Seule bonne nouvelle, l'industriel n'a pas montré d'intentions de désengagement", a-t-il ajouté.

De fait, le projet Erscia a du plomb dans l'aile :

rejet des trois recours !

 

JdC - 10/1/13 - Le Conseil d’État a rejeté, hier, les trois recours déposés par Erscia, Nièvre Aménagement et le ministère de l’Écologie. Aujourd’hui, si l’industriel a indiqué qu’il ne jetait pas l’éponge, le dossier est sinon coulé, au moins plombé.

En attendant le jugement sur le fond, sans doute pas avant la mi-2014, ce dossier, qui pèse 120 emplois et 12,4 millions d’euros d’investissements, est au point mort.

Les opposants réclament «l’abandon définitif» du projet

[...] Après le dernier refus, en mars 2013, l’industriel, l’aménageur et le ministère de l’Écologie, qui redoute que l’affaire fasse jurisprudence et décourage d’autres implantations industrielles en France, ont donc frappé à la porte du Conseil d’État. Pour trancher, pour activer les travaux de défrichement et, surtout, pour éviter l’enlisement du dossier. D’autant qu’Erscia et ses actionnaires n’ont pas caché qu’ils étaient «tenus par l’agenda» et que leur patience était comptée.

Mais il y a plus : non seulement l’industriel espérait une décision favorable du Conseil d’État, mais il souhaitait aussi qu’elle soit «très motivée», selon plusieurs sources concordantes. Le résultat est tout autre : la plus haute juridiction administrative dit non et, pour le coup, en motive les raisons. [...]

L’industriel continue...

Le directeur général de Nièvre Aménagement, Jean-Baptiste Lacroix, a de son côté indiqué qu’il souhaitait faire une lecture plus attentive de la décision pour examiner si, justement, «des éléments de fond sont déjà discutés». [...]

Mais tous étaient finalement suspendus à la parole de l’actionnaire d’Erscia, Josef Haas. Ces derniers mois, la crainte qu’il finisse par dire stop a maintes fois été avancée. Interrogé dans la soirée, il a fait savoir qu’il ne jetait pas l’éponge. Il n’est cependant pour l’heure pas question de nommer un successeur à Pascal Jacob, qui a quitté la direction générale d’Erscia la semaine dernière. «Pas tant que nous serons dans le temps judiciaire», a justifié Josef Haas. Ce temps est parti pour durer.

Stéphane Vergeade

Retrouvez l'intégralité de cet article dans l'édition du jour

in Allant-Vert -Le journal nivernais de l'écologie politique, n° 54, nov. 2013, p. 10

Le projet ERSCIA (Sardy-lès-Epiry) menace la forêt morvandelle

Communiqué de François Lotteau, secrétaire régional. Europe Écologie - Les Verts Bourgogne.

Mercredi, 29 Juin 2011.

Publié dans GensduMorvan.fr (1/7/13)

 

Au nom du développement durable, parce qu'il s'agit de bois, l'un des plus gros projets de scierie jamais réalisé en France devrait voir le jour dans quelques semaines à Sardy-lès-Epiry, dans la Nièvre : ERSCIA France S.A.S. 500 000 m3 de bois en capacité de sciage annuelle pour une production de 300 000 m3 de sciages, plus une unité de production de granulés de bois pour 250 000 tonnes annuelles.

Une centaine d'emplois directs et autant d'emplois induits sont annoncés, justifiant le soutien d'une partie des responsables politiques locaux.

C'est un leurre, une aberration écologique et économique

Les volumes annoncés correspondent au doublement de la capacité de sciage en résineux des scieries de toute la Bourgogne. Le relief et le morcellement de la propriété forestière ne permettront pas ce doublement de la consommation de bois résineux qui entraînera une surexploitation du massif , des déplacements de bois à longue distance et une concurrence frontale avec les scieries traditionnelles existantes, ainsi que celles déjà aidées par des fonds publics, situées dans un rayon d'une cinquantaine de km : la scierie de Sougy (58), la scierie Fruytier (21) et la scierie d'Autun (71).

La forêt peut être une promesse de développement pour la région dans la mesure où nous saurons en faire une exploitation durable . Avec le projet ERSCIA il n'en sera rien. Ce projet n'est qu'un pillage de la forêt sous couvert d'arguments économiques qui ne tiennent pas.
Les deux cents emplois espérés seront perdus sur les autres sites, détruits en même temps que la ressource. L'ensemble des acteurs professionnels de la région affirment qu'ils ne comprennent pas ce projet surdimensionné qui ne peut que détruire toute la structuration d'une filière locale.

En moins de dix ans, la forêt ne sera qu'une succession de coupes rases. Les sols apauvris, compactés par les engins, seront livrés à l'érosion.

Le calcul prédit un trafic supplémentaire de 200 camions par jour, par charges de 30 à 57 tonnes par ensemble, sur des routes départementales qui n'y résisteront pas.
D'autres effets collatéraux, sur le tourisme en particulier, ressource importante en Morvan, sont à craindre très sérieusement et n'ont visiblement pas été pris en compte.


Un projet dont l'investissement serait de l'ordre de 150 millions d'euros bénéficiera-t-il d'aides publiques pour créer 200 emplois qui disparaîtront ailleurs ? pour un profit de court terme qui laissera le Morvan exsangue.

Ceux qui investissent dans de telles usines à bois font leur profit puis s'en vont. Ils ne paieront pas les dégâts.
Nous nous opposons au projet ERSCIA France S.A.S à Sardy-lès-Epiry qui détruit la ressource forestière à court terme, l'emploi, le tissu industriel forestier du Morvan et la biodiversité sur le territoire du parc Naturel Régional du Morvan.

François Lotteau, secrétaire régional. Europe Écologie - Les Verts Bourgogne.

 

AUPRÈS DE MON ARBRE


La forêt du Morvan, nouvelle «zone à défendre»

 

par Sophie Caillat (journaliste)


Rue89.com - 28-3-13 - La scierie géante, ce sera plus de mille emplois, promettent les élus. Mais dans ce coin sinistré de Bourgogne, on refuse de «laisser les politiciens décider».

Dans l’hôtel particulier où il a installé son bureau, Pascal Jacob nous reçoit dans une vaste pièce Empire, nous priant de bien vouloir noter quelques « éléments de langage » griffonnés sur une feuille A4 :

«Ce que nous allons faire, c’est un concept global que la filière bois française attend depuis longtemps, et que tous les rapports réclament. Si on ne coupe pas les arbres, ils vont mourir. Et un arbre qui meurt c’est un arbre qui rejette du CO2».

Puis, il jette :

«On est une entreprise privée, on n’a de comptes à rendre qu’à nos actionnaires... et à l’Etat pour ce qui est du respect de la réglementation.»

Et tant pis pour les citoyens.

ERSCIA : DU 3 EN 1



Erscia est un pôle industriel comprenant : une scierie géante, attenante à une centrale de cogénération et un centre de fabrication de pellets, du combustible issu de la biomasse, en granules.

Cet homme d’affaires, naviguant entre Paris et Nevers, a été choisi par une holding belgo-luxembourgeoise pour monter Energies renouvelables et sciages (Erscia), un pôle industriel de 100 hectares, qui mobilise contre lui un petit bout de cette campagne perdue. Sa «Wood Valley» serait en réalité un concentré de «greenwashing» (écoblanchiment) moderne à la sauce morvandelle.

Qui sont-ils ces autochtones qui ne croient plus aux promesses ? Des «anarchistes, babas cool proches d’Europe écologie - Les Verts ou du Front de Gauche [sic], des groupuscules qui ne comprennent pas qu’il faut exploiter la forêt», selon Pascal Jacob.

Un éleveur d’escargots ? «Pas légitime»

Prenez Jérôme Bognard, le plus bruyant d’entre eux. Il est éleveur d’escargots, un «interlocuteur pas légitime», pour l’homme d’affaires habitué à traiter avec des ingénieurs spécialistes de l’énergie.

Un jour de 2011, il a découvert que l’enquête publique sur l’installation de ce projet géant dans le bois près de chez lui venait de se terminer. Il n’avait pas pris le temps de compulser les cinq tomes, épais comme des dictionnaires, disponibles en mairie.

Depuis, les réglementations d’installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), les taux de rejet de dioxine, les mégawatts de la cogénération et toutes les subtilités d’un projet particulièrement complexe n’ont plus de secret pour lui. «La principale activité d’Erscia, son Kbis et sa raison d’être, c’est de produire de l’électricité à partir du bois», répète-t-il. En effet, EDF rachète, à un tarif près de trois fois supérieur au prix réglementé, l’électricité issue d’un cogénérateur de biomasse, car il tourne avec une énergie renouvelable, le bois.

Une hérésie dénoncée par nombre d’écologistes et de spécialistes de la filière, comme Philippe Canal, secrétaire départemental du syndicat majoritaire de l’Office national des forêts, le Snupfen :

«Le problème est que pour faire tourner cet énorme cogénérateur, ils vont prélever plus de bois qu’il ne faudrait. Le projet ne part pas de la ressource en bois disponible mais de la nécessité de brûler de la biomasse pour obtenir les subventions.»

Bienvenue à «Notre-Dame-des-Bois»

Le 4 février dernier, quand les bûcherons accompagnés de 80 gendarmes ont débarqué dans le bois de Tronçay pour couper les arbres, Jérôme et sa bande ont compris que les événements basculaient.

Voilà un an et demi que les opposants au projet n’obtenaient que le mépris des politiques et quelques victoires judiciaires. Là, l’emploi de la force leur a rendu un gros service : depuis, l’association Adret Morvan croule sous les dons (200 euros par jour), les adhésions (dix par jour)… et la pétition a déjà reçu plus de 60 000 signatures... alors que le canton de Corbigny compte moins de 5 000 âmes.

Ce dimanche, Jérôme, Muriel, Antonio et les autres le passent sur la ZAD, la «zone à défendre» qu’ils ont créée sur le modèle de celle de Notre-Dame-des-Landes, en bordure du bois de Tronçay, à Sardy-lès-Epiry. Autour d’une tisane bio et d’un far breton, dans cette cabane bien chauffée par un poêle à bois, ils refont le monde et la filière bois en Bourgogne, tout en organisant le grand concert de soutien du 6 avril prochain.

Comme à Notre-Dame-des-Landes, les résistants à un grand projet jugé inutile occupent le terrain physiquement, et sont prêts à s’enchaîner aux arbres le jour où les gendarmes reviendront les couper.

Contrairement à Notre-Dame-des-Landes, ils ne squattent pas un terrain d’où ils risquent d’être expulsés, et ne viennent pas de toute la France, seulement de toute la région.

«Le projet ne pourra pas se faire ici»

Dans les virages incessants de la Nièvre, au volant de sa petite voiture, le président de la communauté de communes du Pays corbigeois, le docteur Jean-Paul Magnon, revient sur l’incident du 4 février.

PAS UN PROJET D’INTÉRÊT PUBLIC MAJEUR


Défricher le bois du Tronçay, habitat d’espèces protégées, nécessite une autorisation de destruction exceptionnelle et de prendre des mesures compensatoires. Le code de l’environnement dit que cela ne peut se faire que si l’on justifie d’un projet d’intérêt public majeur. Le juge a estimé que ce n’était pas le cas.
Il explique que les services de l’Etat ont préféré «agir vite» face aux opposants : dès que l’arrêté préfectoral autorisant la création d’une zone humide de substitution dans le bois de Tronçay a été publié, il en a décidé l’exécution immédiate.

D’où les gendarmes accompagnant les bûcherons... Et le déclenchement d’une guérilla champêtre simplement parce qu’il fallait créer une mare où seraient déplacées les espèces protégées, que l’usine Erscia va déranger. La justice doit encore se prononcer sur le fond du dossier, mais Jean-Paul Magnon s’avoue «inquiet». D’autant qu’en face, maître Blanchecotte, l’avocat de l’association Loire vivante, qui a réussi à faire annuler trois arrêtés de suite devant le tribunal administratif de Dijon, l’affirme :

«Le projet ne pourra pas se faire ici, selon moi. On ne comprend pas le forcing des élus pour que le projet n’aille pas ailleurs dans la Nièvre.»

Depuis son bureau de l’Assemblée nationale, Christian Paul, figure du PS local, ancien ministre (de l’Outre-mer) et père de la Wood Valley, s’emporte quand on lui demande pourquoi le projet n’est pas déplacé puisqu’il pose un problème légal de protection de la nature :

«Nier le potentiel de création d’emplois de ce projet c’est vivre hors sol. Il faut se demander si les installations industrielles doivent exclusivement être positionnées aux abords des grandes agglomérations, ou a-t-on une chance d’en avoir dans les territoires ruraux ? Moi je dis que la réindustrialisation de ce département est d’un intérêt national majeur.»

Les héritiers de Mitterrand tremblent

Cette histoire est en train de prendre des proportions d’«affaire Dreyfus», estime Régis, graphiste à Paris la semaine, Morvandiau le reste du temps. Lui ne met plus les pieds chez les commerçants qui soutiennent le projet Erscia, et ne parle plus à une partie de ses voisins.

Mobilisé contre un projet qu’il juge «symptomatique du mensonge des élus», Régis est écœuré de les voir promettre avec démagogie que l’immobilier va prendre de la valeur, que les classes et des maternités vont rouvrir… pendant que lui se fait traiter de «défenseur des grenouilles». Il assure que pas mal de gens «sont contre le projet mais n’osent pas le dire», tandis que le maire de Corbigny, Jean-Paul Magnon, jure qu’«une grande majorité est pour». Pour en convaincre le passant, il a d’ailleurs affiché sur la porte d’entrée de l’hôtel de ville : «Des emplois, vite Erscia.» Car, rappelle-t-il au volant de sa voiture :

«Ce coin de la Nièvre est, en terme de revenu par habitant, plus pauvre que la moyenne de la Bourgogne, elle-même plus pauvre que la moyenne française.»

Daniel, informaticien néorural, s’étonne encore de voir des bleds comme Lormes dotés d’autant de services publics. Ici, les socialistes ont été biberonnés aux méthodes mitterrandiennes, «et dans la galaxie PS, ou au Parc naturel régional du Morvan, ceux qui sont réservés ne le disent pas».

Pourtant, les potentats locaux commencent à trembler et si la région est acquise à la gauche, il est arrivé, lors de la dernière législative, ce qui n’arrive jamais : Christian Paul a eu besoin d’un deuxième tour pour être élu».

Daniel est entré en opposition contre cette classe politique pour laquelle il ne votera plus et estime qu’en rejoignant le combat d’Adret Morvan, il dit :

«Il n’est plus possible de laisser les politiciens décider pour nous.»

Elements de langage, face A et face B

Alors que le soir tombe sur la ZAD, qu’on entend au fond du pré la cabane «boîte de nuit» faire vibrer ses enceintes, Jérôme l’éleveur d’escargots, sort lui aussi ses éléments de langage. Sur une feuille, il fait une colonne «déclare» et une autre «écrit», et commence à pointer les «mensonges» des autorités et des entreprises, mises dans le même sac :

« Le rapport d’enquête publique dit que 27 camions passent chaque jour en provenance de la carrière d’à côté, en fait c’est entre 75 et 100. Ils veulent en ajouter 200 de plus chaque jour, ça fera un toutes les trois minutes. »
« L’incinérateur est autorisé à brûler 75% de bois “non assimilable à la biomasse”, soit des bois contenant des colles, vernis, peintures, donc des déchets ménagers. »
« Quand ils sont venus couper les arbres le 4 février, la préfecture a déclaré qu’ils n’en avait coupés que huit, en fait ils ne comptaient que les gros, mais 80 à 100 sont par terre. »
« Erscia dit qu’elle prendra des arbres à 300 km alentour, mais c’est juste pour nous calmer car il aura tout intérêt à se servir dans le Morvan. »
« Jacob annonce 5% de subventions mais avec les financements européens, il pourrait aller jusqu’à 15%. »
« Les scieries industrielles alentour seront menacées à terme parce que la ressource manquera, ce sera donc autant d’emplois détruits. »
« Le cogénérateur n’alimentera pas 24 500 foyers mais 14 000 maximum. »

De son côté, l’industriel estime que les arguments des opposants témoignent qu’ils «vivent dans une bulle», et Pascal Jacob jure :

« que la centrale ne brûlera pas de déchets, toxiques, mais des résidus forestiers et des bois en fin de vie collectés en déchetterie, qu’il ne faut pas appeler déchets ;
que les filtres à particules existeront à la sortie de l’incinérateur et que la réglementation sera respectée ;
qu’il utilisera le train à 30% ;
qu’il créera 617 emplois directs et 1 050 au total ;
que la ressource en bois est largement disponible et qu’il ne prélèvera que 60 000 m3 par an en Morvan, alors que les trois principales scieries y prélèvent déjà 660 000 m3 ;
que l’actionnaire ayant déjà dépensé près de 3 millions d’euros, il ne compte pas se retirer même s’il en reste 113 à trouver auprès des banques (37 étant apportés par les actionnaires et 5 acquis en subventions). »
Du «mieux», plutôt que du «toujours plus»

Dans cette atmosphère technique et délétère, il faut revenir au sujet principal, le bois du Morvan. Et comprendre de quoi est composée cette forêt :

- une moitié de feuillus, surtout du chêne, du hêtre qui met plus de temps à pousser. On en fait du bois de chauffage et des palettes ;
- une moitié de résineux, épicéa, douglas, pins sylvestre et maritime.
Cette dernière catégorie est issue de plantations réalisées entre l’après-guerre et les années 70. Ce sont les sapins, qui commencent à arriver à maturité, mais peuvent vivre jusqu’à 100 ans et qu’il n’est donc pas urgent de couper. C’est ce que demande le marché, et ils sont taillés de plus en plus jeunes, pour le satisfaire.

Or, explique Philippe Canal, l’employé de l’Office national des forêts (ONF), à l’heure où les forêts françaises sont en train d’être vues comme des usines dotées d’un combustible, on ne va pas pouvoir tout demander à la forêt.

«Les services rendus par la forêt sont aussi l’eau, la fertilité des sols, la biodiversité, tout cela n’est pas compatible avec une vision industrielle de la forêt. Un douglas puise dans le sol pendant 60 ans, puis l’enrichit, si on coupe à 45 ans, il l’aura appauvri.»

Il fait valoir que 600 hectares (près de 800 terrains de foot) soient coupés par an en Bourgogne, et que si Erscia se fait, il lui en faudra 2 500 à 3 000... « On aura donc un problème dans dix ans.»

Pascal, éleveur de vaches charolaises (en bio) se demande si les élus ne veulent pas «une ruralité sans nous, avec seulement des agrimanagers, comme ils ont fait avec l’agriculture».

Finalement, se dit Philippe Canal, derrière la défense affective de la forêt et des paysages du Morvan, il y a peut-être aussi «les idées de la décroissance qui gagnent les esprits : les gens ne veulent pas de toujours plus, mais du mieux».

 

Maison des Grands Lacs du Morvan aux Settons

Écrit par GensduMorvan.fr

29 Juin 2013

 

La Maison des Grands Lacs du Morvan a été inaugurée vendredi 28 juin 2013 .Source : GdM

 

Surplombant la digue du lac des Settons, rive droite, l'ancienne «Maison du garde» datant de 1847 a été entièrement réhabilitée et «mariée» avec un nouvel ensemble architectural de bois, métal et verre ouvert sur la nature et le paysage, dessiné par le cabinet ABW Warnant Architecture de Nevers.

Espace d'accueil pour les touristes qui y trouveront information, produits régionaux et espace de repos, elle abrite également les services de la Communauté de communes et du Comité de territoire des Grands Lacs du Morvan ainsi qu'une salle de réunion pour les associations du territoire.
C'est l'équipement qui couronne la stratégie de développement touristique mise en œuvre depuis dix ans par les élus et les professionnels autour du concept de « Grands Lacs du Morvan».

«Cette dénomination a constitué la première pierre d'une nouvelle politique de mise en valeur et d'aménagement des sites, de promotion, de communication et d'amélioration de l'accueil» indique Patrice Joly, le président de la communauté de communes du même nom.

Certes les six lacs artificiels du Morvan, éloignés de seulement quelques kilomètres les uns des autres, existaient déjà bien avant celà, les Settons (commune de Montsauche) le plus ancien datant de 1861 et le plus récent, Chamboux, de 1985.
Mais Les Settons, Le Crescent, Chaumeçon, Pannecière, Saint-Agnan et Chamboux vivaient en s'ignorant. Aujourd'hui réunis sous la même appellation Grands Lacs du Morvan, ils peuvent partir à la conquête de la clientèle touristique, à la façon des stations balnéaires ou de montagne.

700.000 touristes fréquentent déjà actuellement les Grands Lacs du Morvan. «Le tourisme est le premier secteur d'emploi avec 31,5% des emplois locaux» rappelle encore Patrice Joly. La Maison des Grands Lacs a pour vocation à devenir la vitrine du Morvan tout entier, une porte d'entrée sur le territoire.

L'architecture retenue, alliant l'ancien et le résolument moderne, «audacieuse» disent certains, veut être le symbole d'un Morvan tourné vers la modernité. «Et pourquoi pas constituer un but de visite en soi», ajoute Patrice Joly, fier de ce «geste architectural» qui vient, sur le territoire, après celui de la maison d'accueil du Saut de Gouloux et précède la future maison du Parc à Saint-Brisson qui sera inaugurée à l'automne et la future Maison des enfants de l'Assistance Publique et des nourrices actuellement en construction à Alligny-en-Morvan dont l'ouverture est prévue en 2015.

Le coût des travaux s'élève à 1,312 million d'euros. Inscrit au PER (Pôle d'excellence rurale) des Grands Lacs du Morvan, le projet a pu bénéficier d'un subventionnement important de l'État (31,5%), de l'Europe (16,5%) du Conseil général de la Nièvre (11,8%) et du Conseil régional de Bourgogne (6,3%), la part d'autofinancement se montant à 455.000 €.

L'inauguration a eu lieu en présence d'une grande foule d'habitants. Preuve sans doute que cette nouvelle Maison est déjà adoptée par la population, admirative de la transformation radicale de la vieille «Maison du garde» qu'elle voyait se dégrader d'année en année.

«Yéto lai maïon du garde, ceu aujd'eu lai maïon de tous» a joliment, et de façon surprenante, résumé Alain-Michel NGouoto, le sous-préfet de Château-Chinon en conclusion des discours inauguraux prononcés par le maire de Montsauche-Les Settons Lionel Thénault, Patrice Joly, le député Christian Paul et le président du Conseil régional François Patriat.

Le mauvais temps a malheureusement quelque peu gâché la fête qui devait être clôturée par un feu d'artifice sur le lac.

 

 

Le galvacher

Archives de Pierre Collenot

Cliquer sur l'image pour aller visiter son excellent site

-

Le Saut du Gouloux

Source : site de La Morvandelle

-

CP Chaumière

Cliquer pour agrandir la carte postale

Chaumière morvandelle

Carte postale 128 - En Morvan
Héliogravure d'Art. P. Coqueugniot et C. Truchot - Autun

(Fonds B. Legoff, à Bonneçon).

-

Cliquer pour agrandir la carte postale

Rentrée des foins

Carte postale 144 - En Morvan
Héliogravure d'Art. P. Coqueugniot et C. Truchot - Autun

Carte envoyée le 2 juillet 1941

(Fonds B. Legoff, à Bonneçon).

GLOSSAIRE MORVANDIAU

—ô

Le Morvan

 

BIBLIOTHÈQUES

& SOCIÉTÉS SAVANTES

 

Ressources numérisées


La Bibliothèque nationale de France (BnF)

Gallica : la bibliothèque numerisée de la BnF

Persée : les périodiques numérisés

Wikipedia

Google livres

BookFinder (par ISBN)

AbeBooks.fr (par ISBN)

 

Bibliothèque de l'université de Bourgogne

Section Droit-Lettres
4 avenue Alain Savary - 21000 Dijon
Tél. : 03 80 39 51 10 / Fax : 03 80 39 51 17
http://scd.u-bourgogne.fr

 

Bibliothèques municipales

Côte-d'Or

Bibliothèque municipale de Dijon
3-7 rue de l'Ecole-de-Droit - 21000 Dijon
Tél. : 03 80 48 82 30 / fax : 03 80 48 82 31
Courriel : bmdijon@ville-dijon.fr

Nièvre

Médiathèque François Mitterrand (Clamecy)
Rue Jean Jaurès - 58500 Clamecy
Tél. : 03 86 27 30 69

Bibliothèque intercommunale (Cosne-Cours-sur-Loire)
Place de Bad Ems - BP 70 - 58203 Cosne-Cours-sur-Loire cedex
Tél. : 03 86 28 14 22 / Fax : 03 86 28 54 53

Médiathèque Jean-Jaurès
(Nevers)
15-17 rue Jean Jaurès - 58036 Nevers cedex
Tél. : 03 86 68 48 50
Catalogue en ligne

Saône-et-Loire

Bibliothèque municipale d'Autun
Place du Champ de Mars - BP 133 - 71403 Autun cedex
Tél. : 03 85 86 80 35 / Fax : 03 85 86 80 28


Yonne

Bibliothèque municipale d'Auxerre
Rue d'Ardillière - 89000 Auxerre
Tél. : 03 86 72 91 60 / Fax : 03 86 72 91 62

www.bm-auxerre.fr

Bibliothèque Gaston Chaissac (Avallon)
Rue du Marché - 89200 Avallon
Tél. : 03 86 31 65 14 / Fax : 03 86 34 27 39

-

Sociétés savantes & périodiques

Association bourguignonne des sociétés savantes
5 rue de l'Ecole-de-Droit 21000 Dijon

Nièvre

• Société nivernaise des lettres, sciences et arts (S.N.L.S.A.).
Porte du Croux - 58000 NEVERS

Publication : Bulletin de la société nivernaise des lettres, sciences et arts
Voir Gallica. Vol. 1 en 1854.

• Société académique du Nivernais
11 bis, rue Gresset - 58000 NEVERS

- Société scientifique et artistique de Clamecy (S.S.A.A)
rue Jean Jaurès (locaux de la Médiathèque Jean Jaurès) - BP 52 - 58500 Clamecy
Tél. : 03.86.27.30.81

Publication : Bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy.

- Académie du Morvan

Place Gudin - B. P. 44 - CHATEAU-CHINON - 58120
Tél./fax : 03 86 85 17 78 - Email : academie-du-morvan@wanadoo.fr

Bibliothèque et publication d'un bulletin bisannuel (67 numéros ont paru depuis 1974).

- Vents du Morvan (magazine trimestriel)

Maison du Parc
58230 Saint-Brisson
Courriel : ventsdumorvan@free.fr
Téléphone : 03 86 78 71 55

Rédacteur en chef : Claude Lemmel

Saône-et-Loire
- la Société Eduenne des Lettres, Sciences et Arts à Autun

Publication : Mémoires de la Société Eduenne

Yonne

Société d'études d'Avallon (SEA)

Hôtel de Gouvenain - rue des Odebert - 89200 Avallon
La rue Odebert est située au grand parking près de la place Vauban, face à l'hôpital.

La bibliothèque de la SEA est ouverte tous les mercredis après-midi de 14 h 30 à 18 h. Tél. : 03.86.34.14.13. Excellent accueil et fonds important.

Président : M Bernard LÉGER - Vice-Présidente : Mme Denise DUREY

Publication : Bulletin de la Société d'études d'Avallon (numérisé par Gallica)
1re année (1859) – 63e et 64e années (1921-1922)


-

BIBLIOGRAPHIE

 

Livres, articles et revues

 

- Almanach du département de la Nièvre, 1825. Mediathèque de Nevers (cote 3N8926). Carte de la Nièvre manquante.

- ‎Almanach du département de la Nièvre pour l'année 1830.‎Nevers chez Lefèbvre le Jeune. In-12 broché 13ff n ch 250pp 2ff n ch. Manque de papier en tête et en queue du dos.‎Les foires de la Nièvre, de l'Allier, du Cher et de l'Yonne, les fonctionnaires, le Clergé, l'industrie, la chronologie des Rois de France et les événements marquants de leur règne, un chapitre sur l'histoire des fontaines de Nevers.‎ Voir http://www.livre-rare-book.com (50 €)

- Almanach de la Nièvre de 1869 à 1873. Fonds des Archives départementales de la Nièvre.

- Anfray (Marcel), La Cathédrale de Nevers et les églises gothiques du Nivernais, A. et J. Picard et Cie, Nevers, 1964, 271 p. 75 € (occasion).

- Baudiau (Jacques-François), Le Morvand ou Essai géographique, topographique et historique sur cette contrée.

1ère édition en 1854, 2 vol.;
2e édition 1865-1867 (revue et complétée, index), Nevers, 3 vol. (éd. de référencement de G. de Soultrait).
3e édition, Guénégaud, Paris, 3 vol + cartes, 1965 (fac-similé de la 2ème éd. de 1865).
4e édition, Libr. Voillot, Avallon, 1990.

Edition de 1854

Tome I & II numérisés par Google livres : voir le tome II en fichier pdf compressé zip (20 Mo)

Edition de 1865-1867

Titre : Le Morvand...
Auteur : Baudiau, Jacques-François (1809-1880)
Éditeur : impr. de Fay père et fils (Nevers)
Date d'édition : 1865-1867
Type : monographie imprimée
Format : 3 vol. in-8°
Bibliothèque nationale de France. Médiathèque de Nevers.

Tome I numérisé par Gallica (BnF)
Tome II non numérisé, apparemment. Acheté par Roger R. le 10/9/2011 (Ed. Guénégaud, 1965).
Tome III numérisé par Google livres

- Billaud (Armand), Un Coin du Morvand (Le Canton de Lormes), Clamecy, Desvignes, 1900, 138 p. (Gallica, voir le fichier pdf).

- Bogros (Dr Edmond) : A travers le Morvan, - Moeurs, types, scènes et paysages. 3e éd, augmentée d'une préface de Jean Drouillet, Paris, F.E.R.N., Distributeurs Librairie Guénégaud, 1967, in-12, XXXV, 294 p.
Editions du Bastion, 1989, réédition en fac-similé de l'ouvrage de 1873, 236 p. sans les cartes des voies anciennes (fonds B. Legoff à Bonneçon).
1re édition illustrée en 1873, Dudragne-Bordet et Buteau (Gallica, éd. 1873, voir le fichier pdf de médiocre qualité)
2e édition en 1883 avec cartes des voies anciennes.

- Bruley (Joseph) : Le Morvan coeur de la France, 1966, Paris, La Morvandelle, 3 vol. in-8°. (Fonds R. Ripert).

T. I - Géographie - Histoire - Littérature, 1973, 572 p.
T. 2 - Folklore : La vie matérielle - Le langage - La vie spirituelle et intellectuelle, 1966, 581 p.
T. 3 - Morvan et tourisme, 348 p.

- Canaud (Jacques) : Les Maquis du Morvan

- Canu (Philippe), Paroisses et communes de France - Nièvre, Editions du CNRS, Paris, 1979, 472 p. 33,25 €

- Choucary (Eugène) : Le Braconnier du Morvan, vie judiciaire, Paris, 1930, in-12°, X-307 p.

- Colas (Raymond) : Nivernais-Morvan, éd. France-Empire, coll. «Histoire et terroirs», Paris, 1982, 438 p. (Fonds Roger Ripert)

- Collectif : Patrimoine des communes de la Nièvre, Ed. Flohic, 2 vol., 1998, 1095 p., 6000 illustrations en couleur. Relié. Epuisé. Compter 90 € d'occasion. Beaucoup d'erreurs dans l'ouvrage ! Voir http://www.marelibri.com

- Collectif : Chateaux et Manoirs du Nivernais/Fabrice Cario; Etienne de Certaines, Sylviane Jurquet, Pascale de Maulmin, Nicolle Yoth-Demet, Fabrice Cario, Albert Goujat, Nicolas Grunwald, Damien Péron, Jean-Pierre Harris, Catherine Chevochot, Elisabeth Franc, Colette Journiac, Georges Marchand, Marie-Jose Garniche, Sylviane Narcy, Georges Narcy, Bruno de Cessole, Gianni Selvani, Yvette Macquart-Moulin, Julie Le Brun, Corinne Lazerne, Paul de Loye, Agathe Maugis, Jean-Paul Gauthron, Marguerite David-Roy, Paul Barnoud, Jean-André Berthiau, Jean-Louis Balleret, Damien Cario, Anne-Marie Chagny-Sève, Pascale de Maulmin, Jacky Morlet, Etienne Bergdolt, Vincent Bourgoing-Dumonteil. Tome 2.- Nevers : Camosine, 2005 (Cosne-sur-Loire : IMP Graphic).- 320 p. : couv. ill., ill. coul., ill. noir et blanc ; 32 cm (Mediathèque Nevers)

- Constantin-Weyer (Maurice) : Morvan, Paris, Ed. Rieder, 1929, 8ème éd., in-12° (11,5x18,5cm), 224 p. (Fonds Roger Ripert, acquisition 8/1/11).

- Courtépée et Béguillet : Description générale et particulière du duché de Bourgogne 3e édition; Avallon, Ed. F.E.R.N. 1967, 4 vol, in-8°.

- Crosnier (Mgr) : Hagiographie nivernaise ou vie des saints et autres pieux personnages qui ont édifiés le diocèse de Nevers, par leurs vertus, Nevers, Imp. L. M. Fay, 1858, in-4°, XXX-593 p.

- Drouillet (Jean) : «La chasse dans les traditions populaires du Nivernais et du Morvan», in : Bulletin philologique et historique (jusqu'en 1610) du Comité des Travaux historiques et scientifiques, 1964, Actes du 85e Congrès national des Sociétés savantes tenu à Lyon. pp. 439-448.

- Drouillet (Jean) : Folklore du Nivernais et du Morvan, La Charité-sur-Loire, Ed. Thoreau (Ed. Bernadat), 1959-1968, 5 vol, in-8°. Bernadat, Luzy, 2ème éd. revue et corrigée - Vol. IV - Etres fantastiques - Sorcellerie - Médecine populaire, 250 p. (Fonds Roger Ripert)

- Flamare (Henri Adam de) (1851-1911) :

Département de la Nièvre. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 : B. 1 à B. 360, G. Vallière, 1891. 821 p.
Département de la Nièvre. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 : B. 361 à B. 637, G. Vallière, 1897. Numérisé par Google books mais seuls des extraits sont accessibles via une recherche par nom !
Département de la Nièvre. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790.
Publication : Nevers : Impr. de G. Vallière, 1891-1897
Description matérielle : 2 vol. in-fol.
Comprend : T. Ier. Archives civiles. Série B. B 1 à B 360. - 1891 ; T. II. Archives civiles. Série B. B 361 à B 637. - 1897.
BnF - http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb340171301/PUBLIC
Magasin de l'Arsenal : 2 tomes reliés en 1 vol.

Département de la Nièvre. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 : Série E supplement : Arrondissement de Château-Chinon, Imprimerie Fortin, 1919, In-4°, 400 p.

BnF : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34017216r/PUBLIC
Tolbiac. Indisponible : absence constatée (après récolement) !

- Guillaume (A.) : L'Ame du Morvan, contes, légendes..., Société des Amis du Vieux Saulieu (Côte-d'Or), 1971, in-8°, 208 p.

- Joanne (Paul), Géographie de la Nièvre, Hachette et Cie, 8 ème édition, Paris, 1907, 67 p. (+ 1 carte). Fonds B. Legoff à Bonneçon. Voir l'ouvrage numérisé par Roger R. au format pdf.

- Julien (A.) : La Nièvre à travers le passé.

- La Brosse (Roger de), gentilhomme du Morvan, 1867-1954. Lettres et agendas réunis et présentés par Philippe Berte-Langereau. - Nevers : Camosine (éditeur), 1995 (58-Nevers : Impr. de la Gare). - 157 p. : ill. en noir et en coul., couv. ill. ; 31 cm.

- Levainville (Jacques) : Le Morvan, étude de géographie humaine, Paris, Ed. A. Colin, 1909, in-8°, 305 p. Ed. originale en 1869 ?. Impresson sur demande : Nabu Press, USA, 2010 (format poche). Compter 24 € - 4 exemplaires à Tolbiac.

- Marlière (Albert) : Département de la Nièvre. Statistique de l'arrondissement de Clamecy, avec notices historiques, agricoles, industrielles... Impr. de C. Cégretin, 1859. Réédité par les éditions Res Universis, en 1990, sous le titre Clamecy et ses environs. 76 €. (Fonds SSAC). Non numérisé par la BnF ou Google livres.

- Marolles (abbé de) : Inventaire des titres de Nevers.- <S. l. n. d. ?>. (Médiathèque Nevers);

- Marolles (abbé de) : Inventaire des titres de Nevers de l'abbé de Marolles, publié et annoté par la Comte de Soultrait, Nevers, Imprimerie de Paulin Fay, 1873, 1056 colonnes (691 pages). Numérisé par Gallica. Tables des matières et des noms (onomastique).

- Martinet (Jean-Claude) : La résistance en Nivernais-Morvan, Ed. Horvath.

- Née de la Rochelle : Mémoires pour servir à l'histoire du Nivernois. 1746, SSAC à Clamecy ?

- Pasquet (Joseph) : En Morvan, souvenir du bon vieux temps, Château-Chinon, Ed. R. et J.-P. Montaron, 1967, in-12°, 231 p.

- Picard (Henri) : Visage du Morvan, esquisse géographique touristique, gastronomique, etc., Nevers, Ed. Chassaing, 1944, in-12°, 238 p.
Ed. revue et augmentée, 1946, 290 p. Bibliographie (fonds Roger Ripert, acquisition 7/1/2011).

- Picard (Henri) : Ceux de la Résistance, préface de Claude Farrerre de l'Académie Française, Ed. Chassaing, Nevers, 1947, 410 p.

- Sornay (Jacques de) : Epigraphie héraldique du département de la Nièvre - Angers, 1882 (13, Chaussée Saint-Pierre; Imprimerie Lachèse et Dolbeau).- 368 p., VIII ; In-4°. (Mediathèque Nevers, 2 exemplaires).

- Sornay, (Jacques de) (pseudonyme du comte Georges de Soultrait), Epigraphie héraldique du département de la Nièvre, Angers, 1892, Impr. Lachèse et Dolbeau, In-8, 450 blasons. BnF. Non numérisé.

- Soultrait (Georges Richard, comte de); 1822-1888 : Inventaire des titres de Nevers de l'abbé de Marolles. Nevers, imp. P. Fay, 1873, 2 vol. (Médiathèque Nevers).

- Soultrait (Georges Richard de) : Répertoire archéologique du département de la Nièvre, rédigé sous les auspices de la Société Nivernaise des lettres, sciences et arts, Paris, Imprimerie Nationale, 1875.- IV-220 pp. (Gallica. Médiathèque de Nevers). Voir le fichier pdf.

- Soultrait (Georges Richard de) : Statistique monumentale du dépt. de la Nièvre arrondt de Cosne, Canton de Prémery, Pouilly, Cosne.- <S. l. n. d. ?>.- pagination multiple (Médiathèque Nevers)

- Soultrait (Georges Richard de) : Armorial historique et archéologique du Nivernais - Marseille : Laffitte, 1978 (impr. en Suisse).- 2 t. en 1 vol., XXVV-282-312 p.-XXVIII f. de pl. : couv. ill. ; 23 cm. Bibliogr. p. 273-299. Index. - Reprod. en fac-sim. de l'éd. de Nevers, Michot, 1879. (Médiathèque de Nevers)

- Soultrait (Georges de) : Dictionnaire topographique du département de la Nièvre, Paris Impr. Impériale, 1865, in-4°, XII-246 p. Numérisé par la BnF, mais en partie illisible !

- Surugue (Commandant René) : Le Nivernais et la Nièvre (2 tomes). T. 2 : Le Nivernais et la Nièvre. Depuis 1789 jusqu'à nos jours (novembre 1926), Besançon, Impr. de l'Est, 1926, 716 p.
Catalogue BnF

- Teste (Alexandre) : «Notice sur le fief de Vignes-le-Bas», Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts (BSNLSA), Mazeron libraire, Nevers, 1894, pp. 217-233. Numérisé par Gallica : 1894 (Série 3, Tome 6) = T16. Fichier pdf.

- Teste (Alexandre) : «L'Eglise de Saint-Martin-du-Puy et quelques-uns des souvenirs qui s'y rattachent», Bulletin de la Société nivernaise des lettres, seciences et arts (BSNLSA), Série 3, Tome X, Mazeron libraire, Nevers, 1905, pp. 507-513. Numérisé par Gallica. Fichier pdf.

- Vallière (G.), Dictionnaire géographique et administratif de la Nièvre, Nevers, Libr. TH. Ropiteau, 1895 (Fonds R. Ripert). Réédition du Dictionnaire géographique par P. Fay, 1860.
Réédité en fac similé par les éditions du Bastion en 1990, 336 p.

- Vigneux (Marcel) : Comportements révolutionnaires en Morvan Central au milieu du XIXe siècle : structures foncières, sociales et mentales. Souvenirs de l'Ancien Régime et de la Révolution. Site Persée : http://www.persee.fr (Voir le fichier pdf).

- Villenaut, Adolphe de, Nobiliaire de Nivernois, Familles de gentilshommes fixées en Nivernois et y étant en possession de la noblesse avant 1560, avec notices nivernaises de leurs alliances, Deuxième volume, Nevers, G. Vallière, 1900. Numérisé par Gallica. Fichier pdf.

 

 

LA CHÈVRE DU MONT SABOT

 

Conte recueilli de M. Edouard MOIRAUD à Fontenay-près-Vézelay par Mme M. DORE

 

Le Mont Sabot, c'est une butte qu'on voit de partout par ici. Autrefois, il y avait un monastère, dit-on, et aussi un village. Il n'y a plus qu'une église et un cimetière.
Dans ce village, il y avait une femme qui s'appelait Claudine. Elle avait une chèvre qu'elle appelait Rosette. Quand il faisait beau temps, Claudine attachait Rosette sur la butte, devant l'église, après un pieu, pour lui faire manger l'herbe. Tout allait bien.
Mais voilà qu'un jour, le loup aperçut la chèvre. «Une jolie chèvre, pense-t-il, elle ferait bien mon dîner». Il s'approche... à pas de loup. Il arrive si près, qu'il eut pu sauter dessus. Mais la chèvre le vit. Elle se mit à courir. Sa chaîne néanmoins l'empigeait; alors elle tourna à droite puis elle tourna à gauche encore et puis encore. On aurait dit les chevaux de bois. Le loup tournait aussi mais il ne pouvait l'attraper. Elle était drue. la chèvre à Claudine ! Elle se lassait pourtant. «Je vais être prise», se dit-elle.
Sur ce, elle se lança de toutes ses forces, comme si elle eut voulu casser la chaîne. Et voilà que cette chaîne qui était vieille et rouillée, et aussi à force de tourner peut-être, elle se cassa. Mon Dieu, comme Rosette courut. Elle courut droit sur l'église et s'y enfourna.
Cependant le loup était juste derrière et il entra aussi. Au collier de Rosette, il restait un bout de chaîne. Cette chaîne s'était prise dans le loquet. Si bien que la porte fut fermée. Les voilà tous les deux dans l'église ! Le loup était heureux. Il croyait bien qu'il la tenait. Cependant Rosette sauta sur les bancs. Il l'y poursuivit. Ils allaient vers l'autel d'un côté puis revenaient de l'autre. Et je te tourne, et je te tourne encore ! La pauvre Rosette s'essoufflait. Elle n'en fit ni un ni deux, elle sauta sur l'autel. Là le loup ne lui peut plus rien, croit-elle.
Malheureusement, il n'était pas bien haut cet autel. La gueule du loup était là, droit devant elle, avec ses yeux qui reluisaient et sa langue qui pendait. Rosette saute sur le retable. Les chandeliers en volent. Elle serait plus en sûreté si elle était plus haut. Alors, elle se ramasse sur elle-même et saute encore. La voilà sur le tabernacle ! Cette fois, le loup ne lui peut plus rien.
Il la regarde d'en bas, il enrage, il bave, il saute, il retombe, il essaie encore. Il ne peut pas. Un derrière de loup, c'est plus lourd qu'un derrière de chèvre. Rosette, elle, retrousse sa babine supérieure; on dirait qu'elle rit pour se moquer de lui. Mais tout cela avait fait du bruit.
Le Louis qui piochait sa vigne, avait entendu quelque chose. Il se met à monter pour aller voir. Et voilà que Claudine sort dans son jardin pour regarder Rosette. Pas de Rosette ! «Mais, où donc est-elle ? Elle s'est sauvée. Oh ! la mâtine ! Mais ne me l'aurait-on pas volée ? Claudine se met à courir. Elle pense : «Il faudrait peut-être bien que je prévienne le garde champêtre; il m'aiderait». «Dépêche-toi, lui crie-t-elle en passant; on m'a pris ma chèvre sur le Mont Sabot».
Le garde prend sa casquette et sa plaque et la suit. «Le Mont Sabot, c'est l'église, il faudrait peut-être bien que je prévienne le curé», pense-t-il à son tour. Il passe par la cure et il crie : «Monsieur le Curé, il faut vous dépêcher, il y a des voleurs dans l'église !».
Le curé se met à courir aussi. Cela faisait une procession. Il y avait le Louis avec sa pioche, le garde avec un gourdin, Claudine qui n'allait pas bien vite, et puis le curé pour finir, qui allait encore moins vite à cause de son ventre.
Ils arrivent et s'arrêtent pour souffler. Ils regardent. Point de Rosette ! Ils battent les buissons. Où donc est-elle ? Mais voilà que le curé s'aperçoit que la porte de l'église est fermée. «Je l'avais laissée ouverte après ma messe pour aérer », dit-il. Ils y courent. La porte ne s'ouvre pas. Le curé pousse mais il est impuissant. Le Louis essaie. Il ne peut pas non plus. «Elle est fermée du dedans, dit le garde. Fermée du dedans ? Comment cela se peut-il ?» Ils s'y mettent tous les trois. A force, la porte cède, le loquet s'est arraché ! Mais que voient-ils ? «Un loup, dit le garde; jamais il n'y a eu de loup jusqu'ici». Claudine pleure, tendant les bras en criant : «Ma Rosette, ma pauvre petite Rosette !» Monsieur le Curé lui dit : «Sacrilège ! Sur le tabernacle. Il y a sacrilège.»
Rosette, elle, ne s'occupe pas de sacrilège. Elle saute en bas vers Claudine qui l'embrasse et la caline tout comme si c'était un enfant. Le Louis et le garde eux sont occupés par le loup. Ce n'est pas facile. Il mord le Louis. Mais le garde l'a atteint sur la tête d'un coup de gourdin et le Louis lui ouvre le ventre avec sa pioche. Il est à terre. Ils lui attachent la gueule avec le bout de chaîne resté au collier de Rosette et le garde va chercher ce qu'il en reste au pieu pour lui attacher les pattes. Il est bien pris !

Et voilà comment, au Mont Sabot, ce n'était pas les loups qui prenaient les chèvres, c'était les chèvres qui prenaient les loups !

*

Version en morvandiau

Lai bigue du mont sabot

L'Mont Sabot, ço eune butte qu'on voit d'partout pour d'ichi. Dans l'temps ll'aivat un monastère qu'a ditons, et peue un villaize. A y'ez pu ran qu'eune églie et peue un ceumtiée.
Dans c'te villaize, y'aivat eune fomme que s'aippelat Glaudine. Inn' aivat eune bigue qu'inn' aippelat Rosette. Quand a yi faite brave temps, Glaudine aitaissat Rosette chu lai butte, d'vant l'aiglie aiprée un peau pour ll'i faie m'zer l'harbe. Çai aillat brâment. Ma v'là qu'un zour, l'loup vouaigit lai bigue. «Eune brave bigue, qu'a s'dit, inne faire ben mon goûter». A s'appeurce... ai pas d'loup. A l¹airrive chu prée qu'a l'eut pu joupper d'chu. Ma lai bigue le vouaigit. Inn'se mettit ai courre, ma lai chaîne l'empizat, alors Inn' tournat ai draite, peue inne tournat ai gouasse, en quouai et peue enquouai. On irat dit les sevaux dbois. L'loup tournat aitout, m'a a n'peuvat pas l'aittraipper. Inn' aitat drue lai bigue ai la Glaudine ! Inne se lassat pourtant. «I vas ête prie», qu'inn se dit. Là d'chu, inne se lancit d'toutes ses forces, coumme s'inne veulàt casser lai chaîne. Et v'la que c'te chaîne, qu'aitat vieille et peue reuillée, et peue enquouai ai fasse d'tourner p't'ête ben, inne se cassit. Mon Dieu, coumme inne couhit, Rosette ! Inne couhint dra chu l'églie et peue inne s¹lly enfournit. Ma l'loup aitat dra pour darriée; a l'entrit aitout. Ma v'la qu'aiprée l'coyer ai Rosette a Il'y restat un bout de chaîne; A s'peurnit dans l'yocat chu ben qu'cait fromit lai porte. Les v'la tous deux dans l'églie ! Le loup état hueux. A craigeat ben qu'a lai tnat, lai bigue ! Ma Rosette inne joupit chu les bancs. A lai poussiguit. A l'aillains vée l'autel d'un coûté et peue a l'ervenains de l'autre. Et y t'tourne, et y t'tourne enquouai ! Ma lai pour Rosette çait l'essouflat. Inn' n'en faitit ni aingne ni deux; inne jouppit chu l'autel ! L'loup Il'y peuvat pu ran qu'inne craigeat. Malhueument, a l'aitat pas ben haut c't'autel. Lai gueule du loup état là, dra là, avec ses joux qu'teurleuchains et peue sai langue que pendat. Rosette, inn' jouppe chu l'ertâble. Les chandeliers en voulont. Inne s'ra mieux enquouai s'inne état pu haut. Inn' se raimaisse chu li et peue inne saute enquouai. Lai vl'a chu l'tabernacle. C'te coup-là, l'loup Il'y peut pu ran. A l'ergade d'pour dessous, a l'enraize, a bave, a jouppe, a l¹ertimbe, a l'essaige enquouai. A n'peut pas. Un cul de loup, ço pu lourd qu'un cul de bigue. Rosette, li, inne ertrousse sai babine, on dirat qu'inne rigole pou se foutte de li. Ma tout cha aivat fat du breut. Le Louis, qu¹pieussat sai vigne, a l'aivat entendu quinque soue. A s'mat ai monter pou v'nie vouae. V'la aitout qu'Glaudine inne sort dans son courtil pour ergarder Rosette. Point de Rosette ! «Ma, vous don qu'inn ôt ? Inn s'o sauvée. Oh ! lai saloprie ! Ma p't'ête ben qu'on m'lée prie ? Glaudine se mat ai courre. Inne pense «A faurat, p'tête ben, qui l'diteue au ga'de champêtre, a m'ainderat. «Dépouasse-ta, qu'inne Il'y crie en paissant, on m'ée pris mai bigue chu l'Mont Sabot», L'gade, a prend sai casquette et peue sai plaque et peue l'ai sit. «Au Mont Sabot, ç'ôt l'églie; a faurat p't'être ben qui I'diteue au prête», qu'a pense. A paisse pour la cue et peue a crie : «M'sieu l'Curé, a faut vous dépouasser, a gniée des voleurs dans l'églie !». L'prête s'mat ai courre aitout. ÇOEai faitat eune procession : Gn'aivat l'Louis aiquand sai pieusse, l'gade aiquand un gourdingne, Glaudine qu'aillat pas ben vite, et peue l'prête pou finite, qu'aillat enquouai moins vite, raipport ai son ventre. A l'airrivont; a s'arrêtont pou erprens vent, et peue a se mettont ai ergarder tout partout. Point d'Rosette ! A baittons les bouéssons. «Vou donc qu'inn-ôt ?». Mais v'la l'prête qui s'aiparçoit qu'lai porte de l'églie ôt fromée. «Je l'avais laissée ouverte après ma messe, pour aérer», dit-il. All' y couhons tourtous. Lai porte veut pas s'ouvrie. L'prête pousse, ma a peut pas. L'Louis essaige, a peut pas non pu. «Inn' o fromée d'pour dedans», qu'dit le gade. Fromée d'pour dedans ? Coumment don qu' ç'ai sôt fat ?» A s'Ill'y mettons tous trois. A fosse, lai porte cède; l'yocat s'ôt arraissé ! Ma quoique ç'ôt qu'a vouaigeons ? Un loup. «Un loup, qu'dit l'gade; zaimas a Il'ée eue d'loup pour d'ichi !». Lai Glaudine inne pleue en tendant les bras : «Mai Rosette, mai pour petite Rosette !». L'prête, li, a dit : «Sacrilège !... Sur le tabernacle !... Il y a sacrilège !». Rosette, li, inne ne s'occupe pas d'sacrilège. Inn' jouppe ai bas vée Glaudine que lai biche et peue qu'lai mijote tout coumme si ç'aitat un petit. L'Louis et peue l'gade a sont aiprée l'loup. ÇOEai n'ôt pas âgé; a mord le Louis. Ma l'gade Pée aittraippé chu lai tête d'un coup d'gourdingne et l'Louis a Il'ouvre le ventre aiquand sai pieusse. A l'ôt ai-bas ! A Il'aitaissons lai gueule aiquand l'bout de chaîne aiprée Rosette, et peue l'gade va sarser ce que Il'en reste aiprée l'peau pou Il'aitaisser les pattes. A l'ôt ben pris !

Et v'la, coumme, au Mont Sabot, ç'aitât pas les loups qu'peurnains les bigues, c'aitât les bigues que peurnains les loups.

in «Bulletin de la Société d'Etudes d'Avallon», t. 65, 1969-1971, pp. 21-25.

 

GARGANTUA

-

Qui est Gargantua ?


Avec le Grand Géant s'ouvre une page particulièrement exaltante, qui a pu donner lieu à maintes interprétations en partant, par exemple, de la toponymie exploitée de façon abusive.
Les témoignages oraux abondent cependant avec, pour point d'appui, de solides mégalithes, des buttes, voire de simples lieux-dits.
Car le Géant est partout, dont le nom fut, le Christianisme agissant, supplanté par ceux de saint Christophe ou de saint Martin, ses principaux concurrents.

Notons pour mémoire, parmi les hauts faits de Gargantua qui furent attribués chez nous à saint Martin, le fantastique fauchage d'un pré semé de pieux et de barres de fer (cf. notre Tome I, p. 289).

Gargantua, Mélusine et le cheval Bayard nous entraînent à leur suite dans un monde mystérieux qui est aussi celui des contes populaires. Et toute cette Mythologie française est axée sur Gargantua dont l'ombre gigantesque passe «en trois cents points du vieux sol gaulois», Gargantua dont Brise-Chênes ou Tord-Chênes ne seraient que des qualificatifs.

Cf. à ce sujet: H. Dontenville, Mythologie Française, Paris, Payot, 1948.

 

Henri Dontenville le voit fils de Belen, le grand dieu solaire des Celtes

Serait-ce pour cela que le géant se confondrait avec les monts qu'il fait, «ces monts qui sont aussi les tombeaux, comme ils sont les tombeaux de l'astre englouti» ?
Et c'est à un fabuleux voyage que nous sommes convies grace aux Grandes et Inestimables chroniques commentées par Dontenvllle (Les Dits de Mythologie française, Payot, 1950 p. 75), à un voyage d'Est en Ouest, de Lorraine - dont le paganisme était bien connu au temps de Jeanne d'Arc (Margaret Murray, Le Dieu des Sorcières, Paris, Denoël, 1957). au Mont Saint-Michel, en passant par la Beauce, cet ancien pays des Carnutes où se tenaient les grandes assemblées druidiques. Semailles, toujours, de pets ou Dépattures, jusqu'à ce mont qui fut Gargan-Gargantua (S.A.N, Tome XIII-1921, p. 121) avant dêtre christianisé. Séduisante hypothèse qui, d'un coup, place le Géant bien au-dessu de nos contes populaires au milieu desquels nous allons le retrouver.

Nous partirons donc sur les traces du bon Géant qui, dans son zigzagant voyage du Levant au Couchant a laissé de nombreux jalons, de Dornecy à Luzy et de Saint-Andelain à Riousse.


Le "faiseur de montagnes, de buttes et de tertres"

Deux régions principales nous sollicitent, avec des documents suffisamment nombreux qui, d'ailleurs, se recoupent : il s'agit des Vaux d'Yonne et du Val de Loire.

On racontait vers Saint-Didier (457-1) que, fuyant le Morvan enneigé, Gargantua voulut gagner la Basse-Bourgogne par la vallée de l'Yonne.
Il devait avoir une bonne couche de terre et de neige sous ses sabots car, les secouant, il fit la ligne des buttes qui dominent la vallée de l'Yonne à l'Est, le Mont Bué, le Mont Sabot (près Neuffontaines) et la butte de Metz-le-Comte mettant ensuite un pied de chaque côté de la rivière, «il secoua une dernière fois ses sabots, ce qui produisit les buttes allongées de Brèves et de Sarmentolle».

Achille Millien avait noté à Saizy, en 1887, une légende semblable (457-1) :

Un jour que Gargantua allait se désaltérer à la fontaine de Chitry (comm. de Neuffontaines), il tenait à la main ses sabots crottés; c'est alors que, s'arrêtant trois fois et posant à chaque fois ses sabots, il fit, de leurs dépattures, les énormes mamelons de Mont Sabot, le Tartre et Mont Bué.

NdR : il faudrait peut-être mieux parler du Mont Bion (en patois morvandiau, blanc se dit bian, terme proche de bion, qui signifie blond) que du Tartre ou parler de quatre dépattures ?!
Le Mont Bion pourrait correspondre à la dépatture du pied gauche et le Mont Sabot (le Mont Noir), à celle du pied droit.


Dans la même région, le géant fut cause des buttes de Metz-le-Comte, Mont Brevoir (comm. de Brèves) et Mont Martin (comm. de Dornecy) encore appelées «dépattues» de Gargantua bien qu'elles aient été sans conteste christianisées.
On retrouvera des «hauteurs» à Varzy, qui furent mises au compte du Juif Errant ( S.A.N. Tome XIII, 1921, p. 121.).

*

Source de l'article : Folklore du Nivernais et du Morvan - Etres fantastiques, sorcellerie, médecine poplulaire, Jean Drouillet, Ed. Christian Bernadat, Luzy, Nièvre, 2ème édition, revue et complétée, 4ème volume, 1983, relié, 250 p.

 

AUTRES LÉGENDES LOCALES

-

Mythologie Gargantuine au mont Sabot

et dans la commune de Neuffontaines

-

Trois légendes rapportées par Michel Leconte *


1. Légende du village de Saint-Blaise

Une autre légende nous a été rapportée à Vignes-le-Haut par M. Roger Guilloux, agriculteur à la retraite. Elle lui a été transmise par ses grands-parents lorsqu'il était encore enfant. Elle mentionne l'existence d'un village situé à la sortie de Vignes-le-Bas dans les environs d'un champ appartenant à M. Boiché. Ce village, dont il resterait quelques fondations enfouies dans la terre et qui émergent de temps à autre à la faveur d'un labour, aurait été détruit à la Révolution Française.
Baptisé Saint-Blaise (un toponyme qui, nous le verrons par la suite renforce un peu plus notre hypothèse d'une origine Bélénique du Mont Sabot), ce village ou plutôt ce qu'il en reste, recèlerait en son sol une cloche dissimulée dans un puits par des villageois soucieux de la soustraire aux réquisitions iconoclastes des Révolutionnaires. Évidemment, pour être entériné, il manquait à ce récit une preuve irréfutable, une trace écrite.
Nous l'avons trouvée en consultant la carte de Cassini (1714-1784), qui mentionne bien l'existence d'une chapelle "Saint Blaize", en ruine semble-t-il, déjà à l'époque. Quant à la présence d'un village ou d'un hameau y attenant, sur ce point la carte reste muette. Toutefois, eu égard aux éléments nouveaux apportés par le document, il nous faudra prendre avec une extême réserve l'explication donnée à la disparition de la chapelle, étant donné la vétusté du bâtiment bien avant la Révolution. Reste enfin le récit de l'enfouissement de la cloche, un récit qu'on devra considérer comme un fait de légende typiquement Gargantuesque (étant donné les rapports de Gargantua aux cloches), et qui, même s'il n'apporte pas d'éléments matériels objectifs (il faudrait pour cela effectuer des fouilles), n'en constitue pas moins un indice supplémentaire à mettre au crédit du complexe Béléno-Gargantuin de la commune de Neuffontaines.
Nous voyons en effet se dessiner au fur et à mesure de nos découvertes l'image d'un J-C retrouvé sur le Montmarte d'Avallon à Vault-de-Lugny (Montmarte < Mons Martis) (1). Une découverte qui, indéniablement, conforte un peu plus cette hypothèse.
Enfin, et pour compléter autant qu'il se peut notre puzzle, il reste à mentionner deux légendes dont une au moins se rapporte au bouvier Gargantua.

2. Légende de «Touche-Boeuf»

On raconte en effet que c'est le sabot d'un boeuf qui aurait fait jaillir la source qui alimentait, il y a encore quelques décennies, Vignes le Haut. Cette source qui fournit une pompe, située au milieu du hameau, jouxte un chemin vicinal aujourd'hui goudronné et bien-nommé : «Touche-Boeuf» !

3. Légende du prisonnier libéré par saint Germain

L'autre légende concerne saint Germain d'Auxerre (fêté le 31 juillet), de la vie légendaire duquel nous connaissons, grâce à Jacques de Voragine et à sa "Légende Dorée", quelques édifiantes anecdotes. Ainsi, le bienheureux saint Loup évêque de Troyes qui, à Attila assiégeant sa ville et lui demandant son nom, avait répondu : «Je suis Loup, hélas, je ravage le troupeau de Dieu et j'ai besoin d'être frappé par le fléau de Dieu», ne fut-il pas ce compagnon de route choisi par saint Germain pour aller convertir les «hérétiques» des îles Britanniques ? Un tel compagnonnage laisse songeur lorsqu'on apprend qu'ici, au Mont Sabot, saint Germain serait venu délivrer un prisonnier des geôles d'un certain seigneur Abbon...
Ajoutons que ce même saint Loup dompta un dragon qui, «de son haleine infectoit l'air et dévoroit tous ceulx qu'il attrapoit... Et qui, même de son regard, faisoit mourir les hommes» (2). Un dragon que le bon saint lupin dompta, assisté d'un prisonnier; en fait un condamné à mort, gracié en la circonstance, et en contrepartie de l'aide apportée à la cité ainsi que, plus substantiellement sans doute, au pouvoir épiscopal.
C'est autour de légendes comme celle de "la chair salée" de Troyes vaincue par saint Loup (une légende dont on connaît de nombreuses variantes à travers le pays (3), que s'articulaient, encore récemment dans nos villes, les trois jours des Rogations. Une fête processionnelle du Printemps qui, dans les campagnes, de manière plus sobre et sans l'exposition du dragon, perpétue d'anciens rites propitiatoires dont la bénédiction curiale des bêtes et des récoltes est le prolongement chrétien. À cet égard, et pour ce qui nous concerne au mont Sabot, l'existence même d'un basilic ou d'un dragon enchaîné, figurant sur un chapiteau de la petite chapelle Saint-Pierre, nous incline à penser qu"on doit adjoindre la maîtrise d'un dragon au motif du prisonnier libéré par saint Germain.
Évidemment les raisons dernières de cette légende avec ses rites et ses coutumes nous échappent... D'aucuns prétendent (mais l'hypothèse reste hasardeuse), que ce récit recouvre en réalité un ancien rite initiatique, où la figure du prisonnier image celle de l'initié, qui meurt au monde phénoménal pour renaître, régénéré, à la vie transcendentale. Un rite de mort et résurrection universellement répandu dans les religions, et dont la passion du Christ fait figure de parangon. Ce n'est bien sûr qu en extrapolant à partir des rites d'initiations de populations dites primitives, étudiées encore récemment par l'ethnologie, que de telles hypothèses ont pu être échafaudées.
Malgré tout, et quelle que soit la nature des faits relevés ici, qu'ils appartiennent ou non à un légendaire initiatique, ils nous interpellent à proportion du mystère qui les entoure; et nous nous devons de les mentionner, pour autant qu'ils insistent, le plus souvent en retrait, nimbés d'un halo d'indétermination, de façon récurrente, dans un récit, une coutume ou dans une représentation iconographique.
Conscient qu'ils ne nous rendrons pas gorge Gargantuine aussi facilement que, la légende du loup vaincu le laisse à entendre de façon appauvrie et moralisatrice, dans un éloge simpliste du Bien contre le Mal, nous laisserons ces quelques faits singuliers retourner au domaine qui leur est propre, c'est-à-dire à celui du Rêve, qui n'est pas l'Indicible, mais bien plutôt l'Indécidable !

Notes

1. Jean-Paul Savignac, "Merde à César" : Les Gaulois-Leurs écrits retrouvés, rassemblés, traduits et commentés. Editions de la Différence, 2000.
2. Abbé Lalore, Le dragon de saint Loup évêque de Troyes : étude iconographique, Troyes, 1876
3. Marie-France Gueusquin, Le Mois des Dragons. Berger-Levrault, 1981 : «Les dragons sont toujours associés à une légende retraçant la vie d'un saint local auquel ils sont liés. C'est le cas du dragon de Poitiers attribué à sainte Radegonde, du Graoully de Metz, compagnon de saint Clément, du Dragon de saint Marcel à Paris etc.»

* Mythologue demeurant à Vignes-le-Haut

LE PETIT VILLAGE/ LE PEUTCHOT VILLAIZE

Enregistré en février 1982 par P. Léger - L. Jouvet.
Disque produit et réalisé par LAI POUÈLÉE (Association pour l'Expression Populaire en Morvan).
BP 51 - 58120 Château-Chinon.

Quelques radotages d'un vieux grincheux du côte du Creux-Perdu.
Si ce ne sont pas des vérités, ce ne sont, en tout cas, pas des mensonges.

 

Je suis né dans un petit village
Pas bien gros et pas bien malin
Il y avait 80 habitants
Aujourd'hui il n'en reste plus que vingt.
Les vieux sont morts et enterrés
Ils ne sont pas prêts de ressusciter
Les jeunes sont tous partis
Dans les villes ou bien à Paris.
On arrive à se demander
Si tout cela n'est pas calculé
Si on n'a pas vendu notre peau
Bien avant de nous avoir tués

2. Le Morvan, mon vieux, n'existe plus
Ce n'est plus qu'un désert touristique
S'il y a encore un peu d'avenir
C'est bien pour les marchands de souvenirs
Les marchands de biens achètent la terre
Pour y planter des tas de sapins
Et pour faire de jolis cercueils
A tous les paysans du coin.

3. Maintenant avec le marché commun
Il paraît qu'il faut être compétitif
Quand tu as 30 vaches et trois lapins
Des tourbières, des bois et des friches
Tu empruntes au Crédit Agricole
Mais c'est prêté, ça n'est pas donné
Et même si tu fais faillite
Il faut tout de même rembourser.

4. Voici qu'ils ont fait un T.G.V.
Mais qui donc va t-il transporter ?
Les gros, les gras et les ventrus
Pour moi ça ne sert à rien du tout
Il n'y a plus de tacot, plus de cars, plus de trains
Plus un seul transport en commun
Mais ils dépensent des millions
Pour ceux de Paris et de Lyon.

5. Il y a des riches qui achètent les près
Pour faire des étangs poissonneux
Ils sortent leurs millions
Comme je vous payerais un verre
Ils ont pour eux des rabatteurs
Et même des collaborateurs
Embrasse le cul d'un marchand de biens
Tu verras Amsterdam ou Berlin.

6. Je ne suis pas né au pied d'une vigne
Mais au milieu d'un champ de genêts
Nous voici attachés
Aux joyeux bourguignons
Ils mangent tous du pain béni
Nous léchons les queues de pissenlits
Mais à force de péter plus haut que son cul
Un jour la merde vous retombe dessus.

7. Au Creux-Perdu la belle commune
On est administrés comme il faut
Le maire qui demeure à Paris
Vient nous voir un fois par mois
Il a fait construire un cabanon
Au milieu d'un site protégé
Mais si tu fais un hangar à foin
Ils vont en faire toute une histoire.

8. Notre char est enlisé
Il faudrait se mettre tous à pousser
Une roue à Nevers, l'autre à Dijon
Une à Auxerre, l'autre à Mâcon
Si on tire chacun de son côté,
On n'est pas prêts de s'en sortir
Surtout si certains au timon,
Nous tirent à reculons !

9. Il ne faudrait tout de même pas trop penser
Qu'on va tous se laisser étrangler
On est encore bien assez drus
Pour leur botter le cul !
Uranium, fluorine, défoliants
Tout le monde sait bien que ça ne sert à rienQu'a faire périr le bétail
Et à démolir les chemins.

I seus né dan'un ptchot villaize,
pas bin grous peus pas bin malingne
Ai y' aivai 80 parsounnes;
Ausd'heu ai n'en reste pus qu'vingt.
Les vieux sont morts et enterrés,
Ai n'sont pas prôts d'ressusciter
Les zeunes sont ma foué tous pairtis,
Dans les villes ou bin ai Pairis
On en vint ai s'demander ch'toutçai n'ot pas calculé
Ch'on n'ai pas vendu noute piau bin aivant d'nous aivouer tchués

2. L'Morvan mon vieux n'existe pus;
c'ot pus qu'un désert touristique.
Ch'ai y'ai encouère un pso d'aivenir,
çot bin pou les marchands d'souvenirs
Les marchands d'bin aichtons lai terre pou y planter des tâs d'saipins
Peus pou fére des jolis cerceuils
ai tous les paysans du coin

3. Ai c't'heure décan l'march commungne, parait qu'fault éte compétitif
Quand qu'tai 30 vaices peus trouais lapingnes Des moueilles, des bouais et peu des friches,
T'empruntes au Crédit Agricole,
mas çot prôté, çot pas dounné
Et mînme che te meuzes lai bricole,
ai faut quand mînme ô rembourser.

4. Vlai qu'ails ont fait un T.G.V.;
mas tchi donc qu'çai veu beurouetter ?
Les grous, les gras peu les beuillous;
por moué çai n'sard ai ran du tout
Y¹aipus d¹tacots, pus d'cairs pus d'trains;
pus pas un transport en commungne
Mais ai dépensont des myons
pou les ceux d'Pairis et peu d¹Lyon

5. Ai y'ai des grous qu'aistont les prés
pou fére des étangs empouchenés
Ai sortons lôs paquets d'miyons
coumme i vous payerô un canon
Ails ont por z'eux des raibaitteurs;
peu mînme des collaborateurs
Biche le tchu d'un mairchand d'bins,
t'vouèrai Amsterdam ou Berlin.

6. I n'seus pas né au pied d'aine veigne,
mas au mitan d'un samp d'balais.
Nous vouétchi aittolé
pou d'bon décan les jouéyeux borguignons
Ails m'zons teurtous du pain béni,
i lichons les quoues d'pichenlits
Mas ai poter pus haut qu'son tchul,
un zor lai marde v'ertombe dechus.

7. Au Crot-Pardu, lai brave commune,
on ot brament aidministré
Le maire que reste ai Pairis,
vint nous vouais aine fouais par mouais
Ail ai fait fére un caibainon
au mitan d'un site protégé
Mas ch'tu fas un hangair ai foin,
ails vont en fére tot un tintoin !

8. Aiy'ai noute sar qu'ot emborbé,
faurai teurtous s'mette ai pousser
Aine reue ai Nevars, l'aute ai Dijon;
aine ai Auxerre, l'aute ai Mâcon
Ch'on tire chaicun d'son coutié,
on n¹ot pas prôts d's'en dèpizer
Surtot ch'y'en ai d'aiprée l'timon,
que nos tirons ai l'ercueulon !

9. Faurai quand mînme pas trop compter
qu'i vons teurtous s'laicher couiner
On ot encouère bin aissez drus
pou y'ô foute un coup d'pied dans l'tchu ! Urainium, fluorine, défoliants,
tot l'monde sait bin qu'çai n'sar ai ran
Qu'ai fére creuver nos neuringnes,
ai peu ai dégnapper les cemingnes

 

LA MORVANDELLE

 

Notre véritable "hymne" régional, "La Morvandelle" écrite en 1903 par le poète Maurice BOUCHOR, constitue un véritable chant révolutionnaire, expression d'une exploitation "larvée" des habitants du Morvan contraints de s'expatrier pour vivre et même survivre.

La mélodie est une vieille chanson morvandelle : “le galant d’lai Nan-nette”.

*

Allons les Morvandiaux, chantons la Morvandelle,
Chantons les claires eaux, et la forêt si belle,
La truite au bond léger dans les roseaux fleuris
Et notre bois flottant qui vogue vers Paris.


Il souffle un âpre vent parmi nos solitudes,
On dit que le Morvan est un pays bien rude
Mais s’il est pauvre et fier, il nous plaît mieux ainsi
Et qui ne l’aime pas n’est certes pas d’ici.


On veut la liberté dans nos montagnes noires
Nos pères ont lutté, pour elle et non sans gloire,
Rêveurs de coups d’état, Césars de quatre sous
Les braves Morvandiaux se moquent bien de vous.


Jadis, on nous l’a dit, surgirent nos ancêtres
Brisant le joug maudit de leur avides maîtres
Ils firent bien danser les moines leurs seigneurs
Repus de leur misère et gras de leur sueur.


Pourtant nous subissons un reste d’esclavage
Pourquoi ces nourrissons privés du cher breuvage,
Gardons ô mes amis, nos femmes près de nous
Nos filles et nos fils ont droit à leurs nounous.


Allons les Morvandiaux, chantons la Morvandelle
Les bois, les prés, les eaux, aimés d’un coeur fidèle,
Nos bûches qui s’en vont, Paris s’en chauffera
Nos gars et leurs mamans, Paris s’en passera.

 

 

Accueil Neuffontaines